Anémie chimio-induite

Définition de l’anémie et Anémie chimio-induite

L’anémie est définie par une baisse du nombre de globules rouges ou d’hémoglobine qui transporte l’oxygène (< 11 g/dl).

L’anémie est fréquente chez les patients souffrant d’un cancer, et est liée au cancer lui-même, aux traitements et notamment à la chimiothérapie ; on parle dans ce dernier cas d’anémie chimio-induite.

L’anémie chimio-induite entraîne comme toutes les anémies une fatigue intense. En cas d’anémie avérée, un traitement par érythropoïétine (EPO) ou par transfusion sanguine est envisagé.

Risques et enjeux de l’anémie chimio-induite

Plus de 80 % des patients se plaignent d’asthénie ou fatigue intense. Elle est l’effet indésirable le plus fréquent de la chimiothérapie. L’anémie chimio-induite est parmi toutes les causes de fatigue chronique l’effet indésirable réversible le plus fréquent, et justifie un traitement et une écoute particulière de la part des soignants pour limiter l’impact négatif sur la qualité de vie des patients cancéreux.

Causes et origines de l’anémie chimio-induite

L’anémie chimio-induite en cancérologie est due aux agents chimiothérapeutiques qui détruisent toutes les cellules qui se divisent rapidement dans l’organisme, qu’elles soient cancéreuses ou saines. Les globules rouges, produits dans la moelle osseuse, en font partie en raison de leur taux de renouvellement important.

Par ailleurs, la chimiothérapie agit en inhibant la capacité de la moelle osseuse à produire de nouveaux globules rouges en diminuant la sécrétion rénale d’une hormone appelée érythropoïétine.

Les globules rouges qui transportent l’oxygène dans l’organisme étant moins nombreux, la quantité d’oxygène acheminée est moindre et la fatigue se manifeste.

Symptômes de l’anémie

Le premier symptôme de l’anémie chimio-induite est une sensation inhabituelle de fatigue (on parle d’asthénie). La fatigue est extrême et peut s’accompagner d’étourdissements et d’essoufflement. En effet, le cœur tente de compenser le manque d’oxygène par des efforts plus importants ; il s’accélère et on parle de tachycardie.

L’anémie peut également se manifester par une pâleur, notamment au niveau des muqueuses (conjonctives, lèvres…). En cas de symptômes, il faut consulter sans attendre.

Anémie chimio-induite – Prévention

Avec quoi ne faut-il pas confondre ?

Il ne faut pas confondre l’anémie chimio-induite avec les anémies ayant d’autres causes. Certaines anémies sont en effet liées au cancer lui-même (envahissement de la moelle osseuse…) et sont traitées différemment.

De même, il ne faut pas confondre anémie et leucopénie (baisse des globules blancs) et/ou thrombopénie (baisse des plaquettes). Plusieurs de ces différentes anomalies peuvent coexister, et si les deux lignées de cellules sont atteintes on parle d’aplasie médullaire. Outre la fatigue, les risques sont hémorragiques (baisse des plaquettes) et infectieux (baisse des globules blancs).

Y a-t-il une prévention possible ?

Certains médicaments aident à augmenter le nombre de globules rouges produits par le corps ; on parle d’agents stimulant l’érythropoïèse qui stimule la moelle osseuse à produire davantage de globules rouges. Ces médicaments peuvent être prescrits pour prévenir ou traiter l’anémie chimio-induite.

Par ailleurs, il est indispensable de se reposer (dormir plus longtemps, faire des siestes…) et de limiter les activités. Une alimentation équilibrée avec boissons abondantes voire suppléments nutritifs est conseillée.

Pour prévenir les étourdissements, il est conseillé de se lever progressivement. N’hésitez pas à vous faire aider pendant ce cap difficile pour les activités quotidiennes (courses, transport…).

Anémie chimio-induite – Consultation

À quel moment consulter ?

La fatigue due à l’anémie chimioinduite n’est pas une fatalité. Elle est réversible et peut être traitée avec efficacité. Consultez dès les premiers symptômes. De même, en cas d’apparition de signes hémorragiques (saignement des gencives au brossage des dents, saignement de nez, hématomes…) ou infectieux (fièvre…), consultez en urgence. Une prise de sang permettra de vérifier la numération formule sanguine.

Que fait le médecin ?

L’équipe de soins vérifie le nombre de globules rouges/hémoglobine en principe lors d’analyse sanguine avant chaque cure de chimiothérapie.

En cas d’anémie avérée, des mesures peuvent être prises par votre médecin traitant ou votre chimiothérapeute (cancérologue) : prescription de médicaments qui stimulent la production de globules rouges (agents stimulant l’érythropoïèse), supplémentation alimentaire (apport de fer, acide folique…), voire transfusion sanguine.

Dans tous les cas, votre médecin éliminera aussi une autre cause de l’anémie (hémorragies, anémie hémolytique…) accessibles à des traitements spécifiques.

Comment préparer ma prochaine consultation ?

En cas de traitement par agents stimulant l’érythropoïèse, des effets indésirables peuvent apparaître et doivent être signalés à votre médecin (fièvre, maux de tête, douleurs dans les muscles…). En cas de douleur à la poitrine ou de tension élevée (mesure par autotensiomètre), consultez rapidement.

à retenir


Informations utiles sur l’anémie

L’anémie chimio-induite est une cause fréquente de fatigue intense lors d’une chimiothérapie anticancéreuse. Elle peut être prévenue et traitée par des médicaments stimulant la fabrication de globules rouges (l’érythropoïétine) ou par transfusions en cas d’anémie sévère (< 8 g/dl).

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