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Tatiana F-Salomon – Femmes-hommes : vive la gouvernance partagée !

Tatiana F-Salomon – Femmes-hommes : vive la gouvernance partagée !


Quand je parlais de cette idée de gouvernance partagée autour de moi, on souriait gentiment. Ce genre de « réactions bienveillantes » est habituel, et bien connu de celles et ceux qui sont parfois choisis par une idée en quête d’incarnation pour lui servir de véhicule et de support, pour en être les artisans : il convient simplement de s’armer de patience et de persévérance. Et de confiance en cette idée ! En l’occurrence, son origine n’est pas le souhait d’un leadership féminin, mais bien d’un leadership partagé avec les hommes. Un leadership non genré.

Car #JamaisSansElles ne vise pas à obtenir des concessions dans un jeu de pouvoir ni à établir un rapport de force. Nous ne demandons ni grâce ni faveur, mais la simple reconnaissance d’une citoyenneté pleine et entière, et donc d’une égale légitimité à participer au monde et à sa gouvernance.

Si nous voulons faire tomber le plafond de verre, ce n’est pas pour que les femmes prennent la place des hommes ni jouent des coudes à leurs côtés dans une surenchère de compétition, mais pour qu’il apparaisse à tous parfaitement naturel – au nom de l’équité et des principes humains les plus élémentaires – que femmes et hommes prennent place ensemble dans tous les domaines de la société, et participent conjointement à la gestion des affaires humaines.

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« Savoir déraison garder »

Je sais depuis longtemps que, pour entreprendre un nouveau chemin, visant à l’émergence d’un nouveau paradigme, il faut oser rompre avec les schémas de pensée que nous avons hérités du vieux monde : face aux « esprits avisés », il faut savoir déraison garder !

Faire du neuf avec du neuf bouscule inévitablement certains équilibres, et il est naturel que des résistances se manifestent. C’est pourquoi, plus encore que d’audace, nous avons besoin de dialogue, de respect réciproque et d’humilité, de part et d’autre.

Pour commencer, il convient d’établir en quelque sorte un pacte de non-violence, et de non-victimisation. Être d’accord pour ne pas être d’accord doit être aussi un préalable. Il ne s’agit pas de nier les éventuelles divergences ni la réalité de rapports de force qui n’ont jamais cessé de travailler nos sociétés, mais au contraire d’accepter et de respecter la multitude de points de vue et de composer une partition commune, harmonique par harmonique, en partant de l’état des lieux réel et en misant sur la confiance !

Réconciliation

La gouvernance partagée est pour les femmes l’aboutissement d’un long chemin, dont il apparaît clairement aujourd’hui qu’il ne pouvait s’arrêter à la simple reconnaissance formelle de droits égaux au sein de la société. Car il y a loin, du droit à la réalité sociale. C’est pourquoi ce chemin doit à présent être complété par celui, magnifique, de la réconciliation.

Aussi notre féminisme est-il et ne saurait-il être autre chose qu’un humanisme. Car ce chemin est en somme celui de la fraternité, l’accomplissement de l’union, non pas entre hommes et femmes, mais entre êtres humains et êtres humains ! Soyons ensemble à la fois interprètes et compositeurs de cette symphonie nouvelle, celle d’une mixité réelle, assumée, apaisée !

*Fondatrice et coprésidente de l’association #JamaisSansElles


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