Troubles digestifs
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Troubles digestifs : définition

Les troubles digestifs regroupent un ensemble de symptômes liés au fonctionnement de l’appareil digestif. Les maladies à l’origine de troubles digestifs, aigus ou chroniques, sont très nombreuses ; il faut donc consulter pour qu’un diagnostic précis soit posé.
Le plus souvent les troubles digestifs sont bénins mais pénibles : pesanteurs à la digestion (dyspepsie), de brûlures d’estomac (gastrite), remontées acides (pyrosis), éructations (aérophagie avec hernie hiatale) ou ballonnements intestinaux avec alternance de diarrhée et constipation (colopathie fonctionnelle). On parle aussi de troubles fonctionnels intestinaux (TFI).
Il est rare que ces troubles digestifs débouchent sur une intervention chirurgicale urgente.

Risques et conséquences des troubles digestifs

Le risque principal, rare, est d’être confronté à une maladie nécessitant une prise en charge urgente, comme une appendicite. D’autant que de nombreux troubles digestifs sont provoqués par les organes de voisinage : salpingite, prostatite, colique néphrétique… Il ne faut pas passer à côté de ces diagnostics, qui restent cependant très minoritaires dans l’ensemble des troubles digestifs.

Pour la majorité des patients, l’inconfort quotidien altère la qualité de vie : ballonnements intestinaux, brûlures d’estomac, remontées acides (pyrosis) qui peuvent perturber le sommeil. La prévalence du pyrosis est d’environ 35%, celle des brûlures d’estomac de 21% et de la colopathie fonctionnelle de 13% (Observatoire de la médecine générale, SFMG, 2005).

Si les troubles fonctionnels intestinaux ne sont pas dangereux mais pénibles, à terme certains troubles digestifs peuvent conduire à de véritables préjudices quand le diagnostic de leur cause n’est pas fait : malabsorption (maladie coeliaque), ulcères de l’estomac, diverticulose colique…

En outre, un trouble digestif durable sans diagnostic certain peut faire négliger le développement d’une tumeur cancéreuse. Il est possible d’avoir plus d’une maladie digestive ! dont une tumeur cancéreuse, plus fréquente avec l’avance en âge. Des consultations régulières permettent le dépistage du cancer du côlon.

Causes et origines des troubles digestifs

Les troubles purement digestifs ont des mécanismes multiples, souvent associés : anatomiques, hormonaux, neurologiques, alimentaires, infectieux, allergiques et inflammatoires.

La colopathie fonctionnelle est un trouble digestif chronique dit bénin où l’on a mis en évidence un abaissement de la sensibilité colique, expliquant des réactions douloureuses excessives. Elle associe à divers degrés des désordres neurovégétatifs, parfois anatomiques, une prédisposition familiale et des erreurs diététiques. La sensibilité exacerbée à la douleur, des réflexes neuronaux installés ne permettent pas de résolution rapide, sauf à prendre toutes les causes en charge simultanément.

Les spasmes (ou coliques), la sensation de trop-plein, la remontée de suc gastrique, les gaz intestinaux sont favorisés par le stress, l’anxiété, la fatigue, mais aussi les repas trop copieux, ou absorbés trop vite sans mastication suffisante.

Symptômes et signes des troubles digestifs

Les symptômes sont liés au mécanisme de digestion et souvent rythmés par les repas. Les brûlures d’estomac (épigastralgies) se manifestent peu après un repas dans la gastrite ; les remontées acides surviennent plutôt le soir au coucher en position allongée, les ballonnements de la colopathie fonctionnelle dans la journée entre les repas.

Une alternance des symptômes de constipation et de diarrhée s’observe souvent dans une colopathie fonctionnelle, mais peut aussi témoigner d’une tumeur en constitution. Ce qui nécessite un suivi sérieux.

Dans l’ulcère d’estomac, les douleurs se manifestent une à deux heures après le repas et sont calmées par une prise alimentaire.

La dyspepsie accompagne le plus souvent un repas copieux, riche en graisses et en alcool, et se manifeste par des symptômes de pesanteur, des nausées voire vomissements, des ballonnements et une lenteur à la digestion.

Chez le nourrisson, les coliques se manifestent par les pleurs difficiles à calmer, avant trois mois en moyenne. Elles sont dues à l’immaturité du système digestif et aux gaz qui distendent l’intestin dont les nerfs sont hypersensibles.

Troubles digestifs – Prévention

Avec quoi ne faut-il pas les confondre ?

En situation aiguë, il faut éliminer les maladies des viscères : une appendicite, une colique néphrétique, une salpingite, une sigmoïdite…
Ne pas oublier qu’un trouble du transit avec alternance de diarrhée et constipation peut témoigner d’un cancer de l’intestin, surtout si ces symptômes s’accompagnent d’émission de sang dans les selles.

Y a-t-il une prévention possible des troubles digestifs ?

La meilleure prévention consiste à observer l’hygiène de vie et alimentaire bien connue : frugalité, sobriété ! La vie sociale, la gourmandise ou les aléas émotionnels amènent malheureusement à faire tout le contraire du bon sens digestif. Celui-ci consiste à ne pas manger trop riche et trop arrosé, ni trop vite ; apprendre à mâcher, éviter les boissons trop chaudes, les épices, café, alcools forts…

Le transit intestinal optimal demande de boire assez d’eau (1,5l/j) pour être bien hydraté, mais aussi du sommeil en suffisance et de l’exercice physique quotidien (une demi-heure à une heure).

La prévention passe aussi par le dépistage du cancer du côlon : une colonoscopie (ou coloscopie) régulière chez les sujets à risque familial de cancer du côlon par exemple, ou l’Hémocult® à partir de 50 ans. C’est le médecin traitant qui coordonne ce calendrier d’examens.

Troubles-digestifs – Préparer sa consultation

A quel moment consulter pour troubles digestifs ?

Toute douleur abdominale ou trouble du transit aigu qui se prolonge nécessite une consultation médicale, parfois en urgence si la douleur est importante.
La répétition, pendant plusieurs semaines ou mois, de ces troubles digestifs mérite un bilan pour vérifier l’absence de maladie sous-jacente an trouble fonctionnel.

Si les troubles digestifs sont manifestement liés à un excès alimentaire ponctuel, une diète et quelques médicaments sans ordonnance aidant la digestion sont suffisants pour soulager la crise. Il n’est pas nécessaire de consulter.

Comment préparer la consultation avec le médecin ?

Il faut décrire le plus précisément possible les symptômes, leur date et les circonstances d’apparition. Les antécédents digestifs tels qu’ulcère d’estomac ou colite spasmodique doivent être signalés. Si ces troubles font suite à des excès alimentaires, toxiques (drogues ou médicaments) ou sexuels, il ne faut pas le cacher.

S’il s’agit d’un nourrisson, il faut signaler l’heure des pleurs, les reflux éventuels, le fait qu’il se tortille lorsqu’il a mal au ventre ; cela conforte le diagnostic de colique du nourrisson qui concerne près de 25% des bébés avant trois mois.

Que fait le médecin ?

Il interroge, examine et prescrit si besoin des examens complémentaires.
Un bilan sanguin des graisses, des indicateurs de l’état du foie se justifie.

Les explorations digestives sont d’abord échographiques : échographie du foie et du pancréas. Puis endoscopiques par le gastro-entérologue : fibroscopie œso-gastro-duodénale, coloscopie. Elles permettent de voir les lésions et de faire des biopsies ou une exérèse (ablation) complète.
L’imagerie, scanner ou IRM, est toujours ciblée avec un diagnostic déjà bien étayé.

En phase aiguë douloureuse d’un trouble digestif transitoire, les médicaments sont généralement prescrits comme traitement d’épreuve et comme traitement symptomatique (qui ne traite que les symptômes et non la cause).

La collaboration du médecin traitant avec le gastro-entérologue est nécessaire quand les troubles persistent après un premier bilan et la prise en charge correcte ; ainsi que dans le suivi des troubles digestifs chroniques (comme une maladie coeliaque par exemple).

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à retenir

Les troubles digestifs recouvrent un nombre important de maladies. La consultation urgente concerne les troubles persistant malgré les traitements instaurés.
Les excès alimentaires et/ou alcooliques ponctuels sont normalement améliorés par une diète hydrique (boire seulement beaucoup d’eau, des potages ou des tisanes) et quelques médicaments en automédication sensée (pansements digestifs, antispasmodiques, anti-acides…).

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