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Sahara et Kabylie, un prêté pour un rendu

Sahara et Kabylie, un prêté pour un rendu

Entre l’Algérie et le Maroc l’histoire de désamour dure plus de six décennies, tant les deux pays sont divisés sur diverses questions. Au regard de la situation actuelle qui s’envenime un peu plus à chaque jour que Dieu fait, ce n’est pas demain la veille que cela risque de s’arranger.

Les facteurs conflictuels éclatent à l’indépendance de l’Algérie avec le désaccord concernant le tracé de la frontière entre les deux pays qui a dégénéré en confrontation armée (la « guerre des Sables ») à la fin de l’année 1963, avant de s’implanter durablement, avec en 1975 l’expulsion d’un demi-million de « Marocains » dont beaucoup établis depuis au moins deux générations et ô coïncidence le jour de l’Aïd El Adha, pour se prolonger ensuite en tant que « dossier du Sahara marocain », principale pomme de discorde entre le Maroc et l’Algérie jusqu’à nos jours.

On peut y voir à travers ses trois faits les raisons d’un conflit avec entre quelques rares répits, une guerre froide voulue et entretenue mordicus par l’Algérie. Au cours des trois dernières décennies, les différents développements du dossier du Sahara marocain sont venus plomber régulièrement les relations entre Alger et Rabat, et la tension demeure la caractéristique majeure.

La Kabylie ou le revers de la médaille

Hier dimanche le pays à l’Est de l’Eden rappelait son ambassadeur pour consultation. À se demander si ce n’est pas la meilleure décision que n’ait prise l’Algérie de Abdelmadjid Tebboune. Que le président de l’Algérie moderne se le garde le plus longtemps on ne l’avait pas tellement dans le cœur de ce côté-ci, et pour cause ; le seul fait d’armes dont le bonhomme peut se targuer depuis qu’il a été au Maroc, c’est sa phobie vraiment maladive et obsessionnelle du Royaume. A tel point qu’au mois de février dernier après s’être pris en photo avec l’ambassadrice de Suède au Maroc, Anne Höglund qui lui rendait une visite de courtoisie à l’Ambassade d’Alger, il avait flouté l’image de la remise de ses lettres de créance au Roi Mohammed VI sur son compte officiel derrière la photo solennelle.

À fendre l’âme. Une réaction très certainement par égard, on va dire, aux dignitaires algériens en kaki qui vraisemblablement souffrent de cette même  pathologie incurable qui se manifeste par une haine, une agressivité hystérique et  schizophrénie caractérisée à l’égard du Royaume et de ses institutions.

Le communiqué officiel du ministère algérien des Affaires étrangères a expliqué cette décision « radicale » dans les relations diplomatiques entre les nations par la  « dérive de la représentation diplomatique marocaine à New York » qui a distribué une note officielle aux pays membres du Mouvement Non-alignés dans laquelle le Maroc « soutient publiquement et explicitement un prétendu droit à l’autodétermination du peuple kabyle ».

Ce même communiqué, il a été indiqué que « l’Algérie attendait du Royaume du Maroc qu’il clarifie sa position définitive sur la situation d’une extrême gravité créée par les propos inadmissibles de son ambassadeur à New York », indique la même source.

Omar Hilale a mis à nu la duplicité algérienne

On va le dire autrement quitte à se répéter, l’ambassadeur Représentant permanent du Maroc à l’ONU, Omar Hilale, a tenu à répondre, en détail, à toutes les allégations algériennes sur la question du Sahara marocain. Il a exercé le droit de réponse du Royaume du Maroc, suite à l’intervention provocatrice du nouveau ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, durant le débat général de la réunion ministérielle du Mouvement des Non-alignés (MNA), tenu en format virtuel le 13 et 14 juillet. Il a tout simplement recadré Lamamra qui s’était égaré dans des élucubrations sottes. Aussi, dans une note adressée à la présidence azérie du Mouvement, et circulée à l’ensemble des membres, le diplomate marocain s’est dit profondément étonné du choix du ministre algérien, qui a abordé la question du Sahara marocain, lors de « sa première déclaration dans un fora international, depuis sa récente nomination » à la tête de la diplomatie de son pays. Hilale a souligné que la question du Sahara marocain, « qui relève exclusivement du Conseil de Sécurité de l’ONU, n’était ni inscrite à l’ordre du jour de la réunion, ni en liaison avec son thème ».

Par ailleurs, le diplomate marocain a de même noté que le ministre algérien « ne saura induire, insidieusement, les membres du MNA en tentant de réduire le différend régional sur le Sahara marocain à deux parties. L’Algérie en est et demeure la partie principale et prenante et responsable de la perduration de ce conflit, depuis plus de quatre décennies, par le groupe séparatiste armé, interposé ».

L’ambassadeur Représentant permanent du Maroc à l’ONU a en outre déploré que le ministre algérien revendique le droit à l’autodétermination pour une soi-disant « république chimérique autoproclamée dans la capitale algérienne, en violation du droit international ». Et d’ajouter « Une république fantomatique qui n’est qu’une entité fictive, créée, financée, armée et entretenue par l’Algérie, afin de mettre en œuvre son agenda géopolitique régional » et ne disposant d’aucune reconnaissance « ni de facto ni de jure », « ni par le Conseil de sécurité de l’ONU, ni l’Assemblée générale, ni le MNA, ni le G77+ Chine, ni l’Organisation de la Coopération islamique, ni la Ligue arabe, ni l’Organisation internationale de la Francophonie, ni l’Union du Maghreb arabe ».

Le paradoxe algérien

Le Représentant permanent du Royaume à l’ONU, Omar Hilale a conclu que le ministre algérien, qui « se dresse en fervent défenseur du droit à l’autodétermination, refuse ce même droit au peuple kabyle, l’un des peuples les plus anciens d’Afrique, qui subit la plus longue occupation étrangère ». L’ambassadeur Hilale a ajouté que « l’autodétermination n’est pas un principe à la carte.

C’est pourquoi le vaillant peuple kabyle mérite, plus que tout autre, de jouir pleinement de son droit à l’autodétermination ». Où est le mal à dire cela, c’est une réalité. Durant ces soixante ans le Maroc n’a jamais voulu répondre à aucune des innombrables, provocation des différents régimes algériens passés et présents ne s’est jamais immiscé dans ses les affaires intérieures de l’Algérie.

Depuis lors, et en l’absence de tout écho positif si ce n’est celui de la haine que nous ont voué les différends régimes de la partie d’à côté, le Royaume est pour une fois passé à l’offensive pour dire l’évidence même à savoir que la Kabylie a autant droit à l’autodétermination que revendique son peuple.

Il est un fait, en Algérie porter le drapeau amazigh mène à la paille des prisons et ça les Kabyles en savent des choses. Mais cette demande n’est pas propre qu’à la Kabylie d’autres régions du sud de l’Algérie la revendiquent également. Aujourd’hui nos deux pays sont au bord de la rupture totale de leurs relations diplomatiques et à tout y prendre qu’a-t-on à perdre si ce n’est un stress de trop que ne cesse de tenter de provoquer une bande de caporaux qui se prennent pour des généraux et qui affament et assoiffent leur peuple.

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