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« Nous sommes déjà confrontés à une pénurie de vaccins »

« Nous sommes déjà confrontés à une pénurie de vaccins »


Officiellement, la campagne de vaccination s’accélère. Lundi 18 janvier, 700 centres de vaccination devaient ouvrir dans tout le pays pour permettre à plus de 6 millions de Français de plus de 75 ans de recevoir une injection. Mais les premiers couacs sont déjà au rendez-vous. Xavier Lefrançois, maire LR de Neufchâtel-en-Bray depuis 2008, raconte comment le centre de vaccination qui devait s’installer dans sa ville ne verra pas le jour. Cette commune de Seine-Maritime située à quelques kilomètres de Dieppe avait tout prévu. Tout, sauf un rationnement drastique des doses qui lui avaient été promises.

Le Point : Comment votre ville a-t-elle été choisie pour disposer d’un centre de vaccination ?

Xavier Lefrançois : Nous avons été parmi les premiers à nous manifester. Accompagné par la Communauté professionnelle territoriale de santé Bray et Bresle, la municipalité de Neufchâtel-en-Bray a proposé auprès de l’ARS (l’agence régionale de santé) de mettre à disposition des locaux de la ville. La réponse fut positive. Ce centre de vaccination devait être opérationnel dès lundi 18 janvier et permettre de vacciner une centaine de personnes par jour. Jeudi, j’ai appris que nous ne disposerions que de 32 doses par jour !

Allez-vous maintenir l’opération ?

Non, j’y renonce. Mettre en place un centre de vaccination demande beaucoup de logistique. Outre la salle des fêtes de la ville, accessible aux personnes à mobilité réduite, on nous a demandé de mettre à disposition du personnel municipal, des réfrigérateurs, une connexion Internet. J’avais également décidé de restreindre la circulation dans la rue qui permet d’accéder au centre et je réfléchissais au moyen d’acheminer les doses et les patients. Une telle organisation pour 32 doses par jour, c’était déraisonnable ! Pour une ville de 5 000 habitants dont plus de 1 000 sont âgés de plus de 70 ans, c’est un nombre ridicule. D’autant que ce centre de vaccination devait concerner un bassin de 90 000 habitants.

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D’où viennent les doses ?

Elles sont stockées à Rouen et je sais qu’il y a des problèmes pour les acheminer. La ville est toute disposée à le faire elle-même, mais pas pour quelques dizaines de vaccins par jour… Ce qui m’exaspère, c’est que nous sommes ballottés dans tous les sens, et que l’on ne nous informe jamais. On ne nous donne aucune explication. Arrêtons de nous mener en bateau. On peut tout comprendre : les problèmes d’acheminement ou d’infrastructure, les priorités qui varient, la pénurie… mais encore faut-il nous fournir des explications et pas nous maintenir dans le mépris.

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Comment réagissent vos habitants ?

Mal. Le site Doctolib est pris d’assaut et ne répond plus quand on veut prendre un rendez-vous. Du coup, les habitants téléphonent à la mairie ou au centre communal d’action sociale pour nous incendier. Le vaccin avait suscité un vrai espoir, il est déjà déçu…

Quelle leçon tirez-vous de ce couac ?

Il me semble évident qu’il y a une pénurie avant même que la campagne ne commence. Et cette carence va s’aggraver, comme l’a annoncé Pfizer. Il faut que les autorités le reconnaissent plutôt que de se gargariser de chiffres. Arrêtons de promettre ou d’inventer des statistiques. Je sais qu’à Dieppe et à Rouen, les vaccins disponibles ont également été revus à la baisse. La population est très anxieuse. Et si nous déplorons des décès à cause du ratage de cette opération, je n’en resterai pas là…


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