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les professionnels dans la confusion en l’absence de réaction du ministère de la santé

les professionnels dans la confusion en l'absence de réaction du ministère de la santé

Au Maroc, les tests d’orientation rapide Covid-19 ne sont pas vendus en pharmacie comme dans plusieurs pays du monde et comme le veut la règle, mais dans le marché noir. Ce dernier, fleuri de jour en jour en l’absence de tout circuit légal de commercialisation de ce produit par le ministère de la Santé. Cela a poussé les pharmaciens à « défier » leur tutelle et le vendre au sein de leur structure. Le point. 

Rappelons-le, en juillet dernier, la société Gigalab a commencé à commercialiser ses kits de diagnostic rapide auprès des pharmacies. Après une grogne de la Chambre syndicale des biologistes, la direction du médicament et de la pharmacie, dirigée par Bouchra Meddah, a retiré des pharmacies l’ensemble des lots de ce produit-là.

« Il y a eu un rappel de lots par rapport à ce produit-là en attendant l’avis de la commission technique de riposte contre les maladies respiratoires aiguës. Tous les tests salivaires de la société Gigalab ont été retirés des pharmacies parce qu’ils ne sont pas autorisés. La société n’a pas respecté son engagement envers le ministère de la Santé », nous avait déclaré la responsable à l’époque, alors que Karim Zaher, directeur général de Gigalab, avait souligné dans une déclaration à la presse que l’évaluation de son test salivaire « a été effectuée par le laboratoire militaire » qui a « délivré un PV de fiabilité » et qu’une « commission du ministère de la Santé s’est ensuite réunie pour l’autoriser ».

Or, et depuis le retrait de ce produit des pharmacies, le marché noir a trouvé une nouvelle niche en or. Ce kit de diagnostic rapide a été mis en vente, au noir, sur les réseaux sociaux. Et la demande est de plus en plus accrue avec la hausse des cas de contaminations dans le Royaume, mais aussi la cherté des prix des tests PCR (entre 600 et 700 dhs). Le producteur, lui, a confirmé qu’il ne le commercialisait qu’auprès des sociétés qui souhaitent dépister leurs collaborateurs.

Le CNOP appelle les pharmaciens à commercialiser les tests d’orientation rapides

Face à cette situation et après de longues discussions sur le sujet, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP) a publié un communiqué à l’attention des pharmaciens. Le CNOP a ainsi avancé que les tests d’orientation rapide, et comme c’est le cas dans plusieurs pays du monde, doit être vendu au sein des pharmacies comme l’autorise la loi. En plus du fait que la pharmacie demeure l’espace sanitaire compétent pour cette mission en donnant des conseils aux patients et en les orientant notamment vers la réalisation d’un test PCR au cas où les symptômes confirment la contamination.

Dans ce sens, le CNOP a appelé les pharmaciens a commercialisé les tests d’orientation rapide, en dehors de celui de Gigalab, à des prix raisonnables qui prend en considération le pouvoir d’achat du citoyen, appelant par la même occasion les laboratoires pharmaceutiques qui importent ce produit-là, à le distribuer aux pharmaciens uniquement. De plus, le CNOP a appelé les autorités compétentes à intervenir pour mettre fin à la commercialisation de ce produit en dehors des pharmacies.

Mais où est passé le ministère de la Santé ?

Au milieu de tout ce bazar, et mis à part le retrait du kit Gigalab des pharmacies, aucune réaction sur la vente en noir des tests rapide Covid-19 n’a été observée du côté du département de Khalid Ait Taleb, ni même l’autorisation de la vente d’autres marques de tests dans les pharmacies.

Joint à ce sujet par Hespress Fr. Dr Hamza Guedira, pharmacien et Président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, nous a confié que « la vente des tests rapides d’orientation n’a jamais été interdit à la vente dans les pharmacies pour que l’ordre décide de les vendre ou pas » notant qu’il y a eu « une confusion à ce sujet« .

« Le ministère de la Santé a retiré un lot de kits de diagnostic covid-19 d’une marque précise (Gigalab), et ce, pour des raisons X. À côté, il y a certains laboratoires qui disposent des tests rapides importés, mais ne les commercialisent pas auprès des pharmaciens d’officines. Ces derniers se sont donc retrouvés dans une situation où ils savent plus s’ils ont le droit de les vendre ou pas », nous explique notre interlocuteur.

Interrogé sur ce que dit la loi dans ce sens, Dr Guedira nous confirme  » qu’il n’y a strictement aucune loi qui interdit la vente des tests d’orientation rapide dans les pharmacies. Du coup, les pharmaciens peuvent aujourd’hui approcher un laboratoire, acheter les tests, et les vendre au public ». « Le problème posé aujourd’hui est que ces tests sont vendus n’importe où et n’importe comment », soulève-t-il.

« Le ministère de la Santé doit communiquer sur le sujet. J’ai même adressé une lettre au ministre, lui proposant de s’asseoir autour d’une table avec les biologistes et un membre de la commission scientifique covid pour qu’on puisse prendre la meilleure décision en faveur du citoyen marocain. Mais ma requête n’a malheureusement trouvé aucune suite auprès de la tutelle », nous confie Dr Guedira.

Selon lui, « le test rapide a prouvé son efficacité. Lorsqu’il est positif et accompagné de symptômes Covid-19, il faut mettre le patient sous traitement pour pouvoir le sauver et garder une place en réanimation« .

Puis, il y a des villes où il n’y a pas de laboratoires réalisant des tests PCR, souligne notre interlocuteur, se demandant « comment ses citoyens pourront se faire tester ? Et même si c’est le cas, est-ce qu’ils peuvent se permettre un test PCR à 700 dhs ? ».

Le président du CNOP poursuit que « le ministère de la Santé a sûrement une raison valable de ne pas vouloir le commercialiser dans les pharmacies« , mais l’exhorte de « communiquer au moins sur le sujet ».  « Nous sommes tout de même des personnes responsables et adultes. Il est urgent que le ministère commence à travailler un peu plus en profondeur avec ses partenaires« .

Et d’ajouter : « Honnêtement, il y a un vrai problème. Il faut que le ministère de la Santé réagisse sur cette problématique et montre une certaine transparence vis-à-vis des citoyens marocains. Il faut que le ministère de la Santé mette en place un circuit légal pour la commercialisation de ses tests« .

Pour conclure, le président du CNOP réclame « la création d’un ministère d’industrie pharmaceutique et de médicament, puisqu’il s’agit d’un produit stratégique. Nous avons une certaine avancée dans ce sens par rapport à plusieurs pays, nous avons une stratégie royale de la coopération Sud-Sud que nous devons mettre en oeuvre. Du coup, nous avons besoin d’un porte-parole politique au sein du gouvernement en plus de l’agence nationale pour gérer les questions d’ordre technique », suggère-t-il.

Il convient de rappeler que parmi les 500 laboratoires existants au Maroc, seulement une poignée est autorisée à faire les tests PCR, faisant ainsi des profits immenses en plus du fait qu’il n’accepte que le mode de paiement par cash.

Quant à la commercialisation des tests rapides d’orientation rapide dans les pharmacies, les professionnels sont confrontés au fait que « les fournisseurs craignent de vendre les tests aux pharmaciens en  l’absence de toute réaction à ce sujet par la tutelle, et préfèrent les vendre au marché noir« .

Nous avons essayé de joindre le ministère de la santé afin de recueillir son point de vue sur la question, malheureusement en vain.

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