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L’Afghanistan tombe à nouveau dans l’instabilité, nouvelle victoire des talibans

L'Afghanistan tombe à nouveau dans l'instabilité, nouvelle victoire des talibans

L’Afghanistan reprend le chemin de la grande instabilité et de la guerre après une série d’attaques menées par les talibans. Vendredi, les insurgés ont gagné leur première victoire territoriale notable, en s’emparant de la ville Zaranj. L’ONU a menacé d’appliquer des sanctions et appelé à agir vite pour ne pas tomber dans le scénario syrien.

Alors que les troupes américaines vont se retirer de manière complète d’ici la fin du mois, et même chose pour les troupes de l’OTAN, ce retrait s’est fait à la faveur du retour à l’instabilité en Afghanistan.

Vingt années de mission américaine n’aura pas pu venir à bout des talibans qui, malgré avoir pris le chemin des négociations de paix à Doha, menaient en parallèle des attentats à la bombe et à la voiture piégée dans plusieurs localités dont à Kaboul.

Ces trois derniers mois, les insurgés ont accumulé les succès et ont gagné du terrain en s’emparant de larges villages dans les campagnes afghanes, mais n’avaient pas encore eu la possibilité de prendre le contrôle d’une ville.

Première victoire de taille des talibans

Jeudi, les talibans ont réussi ce pari en remportant leur première victoire de taille face au gouvernement, en réussissant leur entrée dans la ville de Zaranj, capitale de la province de Nimroz, dans le sud-ouest de l’Afghanistan, sans rencontrer aucune forme de résistance. La ville se situe aux frontières de l’Iran et permet aux talibans de s’emparer d’un nouveau point stratégique.

Les talibans tentent depuis plus de trois mois de prendre le contrôle des postes frontières de ce pays enclavé, créant des tensions au niveau des pays voisins qui craignent à présent pour leur sécurité. Ils ont déjà pris de nombreux postes frontières au niveau des frontières avec l’Iran, le Tadjikistan, le Turkménistan et le Pakistan, des zones stratégiques et très rentables.

A Kaboul, le même jour, les talibans ont assassiné le chef du service de communication du gouvernement lors de la prière du vendredi à Kaboul, a annoncé le ministère de l’Intérieur, quelques jours après que les talibans ont promis de cibler des responsables gouvernementaux.

Le Conseil de sécurité se veut ferme

« Malheureusement, les brutaux et sauvages terroristes ont commis un nouvel acte lâche et tué un patriote afghan qui résistait à la propagande ennemie (…), Dawa Khan Menapal, lors de la prière du vendredi » dans la capitale, a déclaré le porte-parole du ministère, Mirwais Stanikzai, dans un message WhatsApp à destination des médias.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, l’émissaire de l’ONU en Afghanistan, Deborah Lyons, a lancé un message de fermeté vis-à-vis des talibans, mais aussi des pays qui entretiennent des relations avec ces insurgés.

Appelant les talibans à « cesser » leurs ‘ »attaques contre les villes », Deborah Lyons a menacé de ne plus reconduire les dérogations des représentants des talibans qui leur permettaient de voyager à l’étranger. Ces dérogations existent « uniquement » pour leur permettre de participer aux négociations de paix », et leur renouvellement « dépendra des progrès réels » sur le front diplomatique, a-t-elle indiqué au moment où ces dérogations arriveront à échéance en septembre.

L’Afghanistan sombre dans les violences

« Aujourd’hui nous avons la possibilité de démontrer l’engagement du Conseil de sécurité de l’ONU et des communautés régionale et internationale » à « empêcher l’Afghanistan de sombrer dans une situation catastrophique si grave qu’elle n’aurait que peu de parallèles au cours de ce siècle », a ajouté l’émissaire.

« Une telle catastrophe aurait des conséquences bien au-delà des frontières de l’Afghanistan », a-t-elle ajouté, notant que la guerre était entrée « dans une phase plus meurtrière et plus destructive » qui fait désormais penser « à la Syrie » ou à « Sarajevo ».

Pour éviter « les pires scénarios », le Conseil « doit agir avec unité et rapidité », et lancer un avertissement « sans ambiguïtés » aux talibans.

Par ailleurs, les pays en contact avec les insurgés doivent les prévenir « qu’un gouvernement imposé par la force en Afghanistan ne sera pas reconnu », a-t-elle mis en garde. Le Royaume-Uni avait indiqué quelques semaines auparavant qu’il n’aurait aucun problème à travailler avec les talibans s’ils devaient accéder au pouvoir, ce qui suppose que même l’accession au pouvoir après un renversement du gouvernement ou une guerre serait acceptée.

Jeudi, l’Union européenne a appelé à « un cessez-le-feu urgent, complet et permanent » dans le pays, en affirmant que cette offensive menée par les talibans est contraire avec les engagements qu’ils ont pris pour le règlement du conflit et au processus de paix à Doha.

Ashraf Ghani impute la responsabilité au retrait des Américains

Dans un communiqué commun signé par le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell et du commissaire européen chargé de la gestion des crises, Janez Lenarcic, l’UE a condamné l’attaque menée contre les bureaux de la Mission de l’ONU (Unama) dans la province de Herat, l’offensive à Lashkar Gah qui a causé la mort d’au moins 40 civils et l’attentat qui a visé mardi le ministre afghan de la Défense Bismillah Mohammadi, faisant huit morts.

« La nuit dernière (mardi), une attaque suicide a été menée contre la résidence du ministre de la Défense (…) par un groupe de moudjahidine équipés d’armes légères et lourdes », a déclaré dans un communiqué Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans, revendiquant l’attaque, au moment où toutes les autres n’avaient jamais été revendiquées pendant que l’armée américaine se trouvait toujours dans le pays. Cette attaque est « le début de représailles » a ajouté le communiqué, en menaçant du début d’une guerre lancée contre le gouvernement.

Lundi, le président afghan Ashraf Ghani a imputé la responsabilité de cette hausse de violences et d’instabilité au retrait « brusque » des troupes américaines, en dénonçant le fait qu’ils aient permis aux talibans de s’assoie à la table des négociations et en imposant une solution « importée » qui ne conviendrait pas à la situation sur le terrain.

Dans un discours prononcé devant le Parlement, le président Ghani a affirmé que « la situation actuelle est due à la brusque décision » de Washington qu’il a accusé d’avoir poussé à « la destruction de la République » et la « légitimation » des ce groupe d’insurgés violents en négociant directement avec eux à Doha.

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