Economie

Formation des chômeurs : le satisfecit de la Cour des comptes à l’Etat et aux régions



Formation des chômeurs : le satisfecit de la Cour des comptes à l'Etat et aux régions

Un progrès, des inconvénients et quelques interrogations. Dans la foulée d’un récent rapport du ministère du Travail , la Cour des comptes dresse un bilan plutôt flatteur du Plan d’investissement des compétences (PIC), la grande initiative du quinquennat en faveur des actifs en marge de l’emploi durable, dans un rapport publié cette semaine. 

Ce satisfecit mérite d’être souligné, tant l’image de la formation professionnelle reste contrastée. Il est cependant assorti de plusieurs bémols qui relèvent de questions de pilotage ou de tambouille administrative.

Pour rappel, le PIC, placé sous la houlette d’un haut-commissaire aux compétences, en la personne de Carine Seiler qui a succédé à Jean-Marie Marx en septembre dernier , a pour objectif de former 1 million de chômeurs peu ou pas qualifiés et autant de jeunes éloignés du marché du travail. Il absorbe un quart des crédits du grand plan d’investissements lancé en 2017, soit 14 des 57 milliards prévus. En parallèle de projets pilotés nationaux, en faveur de la modernisation des organismes de formation par exemple , la main a été largement donnée aux régions, dont c’est une compétence.

Des effectifs trop faibles

Approche pluri-annuelle « adaptée à la transformation structurelle » visée, « réelle capacité » à mobiliser les acteurs associés à une contractualisation de « meilleure qualité », « attention » portée au système d’information et effort « significatif » en matière d’évaluation : au rayon positif, la Cour rappelle que le PIC – a sur tirer les leçons des initiatives précédentes, dont le plan « 500.000 » de la fin du quinquennat Hollande notamment. Les personnes ciblées ne passent pas à côté, les besoins des entreprises sont bien appréciés même si la crise bouleverse la donne.

Se pose notamment la question des effectifs du haut-commissariat, jugés trop faibles eu égard aux 13 milliards du plan de relance pour la formation sur 2021 et 2022. Une partie des mesures additionnelles abonde le PIC, tandis que le reste concerne la formation des salariés et qu’un quatrième programme d’investissement a été lancé avec, lui aussi, des financements de formation. Sans oublier les avenants aux conventions avec les régions.

Emballement de moyens

Cette accumulation de milliards pose des questions de cohérence et de pilotage global, souligne la Cour. La crise oblige aussi à revoir le ciblage des personnes à former, en l’élargissant au moins de 30 ans, fortement affectés, et non plus seulement 26 ans, pour ce qui concerne les jeunes.

Pour le reste, l’organisation administrative du PIC pose problème. Son intégration dans le grand plan d’investissement a conduit à une gestion « dérogatoire » qui brouille la frontière avec le champ d’intervention du ministère du Travail. Egalement pointés du doigt, la nature juridique de certaines dépenses, la complexité du pilotage financier, ou encore la dispersion des actions qui ne permet pas une perception d’ensemble.



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