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Espagne, Ghaligate : L’accusation exige l’identification du donneur d’ordre

Espagne, Ghaligate : L’accusation exige l'identification du donneur d’ordre

Dans le suivi de l’affaire de l’entrée du Brahim Ghali en Espagne, l’accusation par l’avocat Antonio Urdiales interposé, a saisi aujourd’hui par lettre (dont La Razon a eu accès), le juge du tribunal d’instruction numéro 7 de Saragosse, Rafael Lasala, afin qu’il demande au ministère des Affaires étrangères d’Arancha Laya qui a donné l’ordre de ne vérifier ni l’identité ni le passeport du séparatiste sahraoui et de fournir des explications quant à cela. L’avocat exige que le magistrat donne sept jours au ministère des Affaires étrangères pour donner une réponse sur cette affaire qui a débouché sur une crise diplomatique entre l’Espagne et le Maroc comme jamais auparavant.

Faut-il le rappeler, Brahim Ghali, est entré irrégulièrement en Espagne, en avril dernier, avec un faux passeport et s’était enregistré en tant que citoyen algérien sous le nom de Mohammed Ben Battouche. En outre, Antonio Urdiales exhorte Rafael Lasala de sommer les Affaires étrangères de lui donner l’identification de la personne « qui a contacté la section des relations internationales de l’état-major général de l’armée de l’air, en lui donnant des instructions sur « le traitement à réserver aux voyageurs sur ledit vol, et sur leur identification ». L’accusation a formulé également au juge une exigence à savoir que le lieutenant-général de l’état-major général de l’armée de l’air, Javier Salto, puisse dire s’il existe un dossier contenant les instructions données à cet égard par ministère des Affaires étrangères et de préciser si la communication avec le ministère a été faite par téléphone ou par écrit.

Le chef général de la mobilité aérienne de la base militaire de la capitale aragonaise Saragosse, le général José Luis Ortiz-Canavate, avait informé par écrit le juge d’instruction du Tribunal n°7 de Saragosse qu’il ne connaissait pas l’identité des passagers arrivés dans l’avion dans lequel Ghali voyageait, au regard que le protocole habituel dans ces cas a été contourné par ordre de l’état-major général de l’armée de l’air, à la suite des ordres reçus du cabinet du ministre des Affaires étrangères.

La ministre de la Défense, Margarita Robles, s’est détachée de l’éventuelle entrée irrégulière du leader du Front Polisario en Espagne et a indiqué que son département n’a « aucun type de compétence » dans la réception d’un « avion d’Etat ». Robles a souligné que l’armée de l’air se limite à « surveiller l’espace aérien » et qu’elle a appris « à la volée » et « au sol » les circonstances de l’arrivée de l’avion algérien dans lequel voyageait Ghali. Et d’un soutien à Laya, elle s’est en outre déclarée « sûre » que le ministère des Affaires étrangères « a agi comme il se doit » et a souligné qu’« il ne faut pas oublier » qu’il s’agissait d’un avion « d’Etat » qui « est censé avoir toutes les autorisations ».

Aussi, le juge d’instruction devra décider dans la huitaine, s’il convient de demander au ministère des Affaires étrangères des explications sur les ordres qu’il a donnés à la Défense de renoncer au protocole habituel de la vérification des passeport et des procédures de douane. A ce titre, le parquet considère le département des Affaires étrangères comme « responsable » de l’entrée irrégulière présumée de Ghali en Espagne et soutient que les militaires qui sont intervenus dans la procédure « ignorent totalement les faits » ayant été « induits en erreur » par le personnel du ministère,  » d’où il a reçu des ordres ». Aussi, est-il considéré que le ministère a agi de cette manière pour « cacher la présence de Ghali en Espagne et éviter une arrestation et des mesures conservatoires plus que probables » , c’est pourquoi « il a été décidé par les autorités espagnoles que Ghali voyage avec passeport diplomatique algérien et un compagnon non identifié ».

Dans sa lettre, l’avocat manifeste sa perplexité par le fait qu’ »un ordre verbal émanant sans doute de la plus haute autorité du ministère des Affaires étrangères » a permis l’entrée dans notre pays « d’un individu » accusé pour crimes de génocide, torture, blessures et détention illégale, entre autres ». Antonio Urdiales s’est dit également surpris de la gestion  grossière et tiers-mondiste d’une affaire de cette ampleur, qui plus est, « a affecté sans aucun doute les relations internationales du Royaume d’Espagne avec des pays tiers, et a déjà causé de graves dommages à des personnes et des pertes économiques de plusieurs centaines de millions d’euros ».

L’accusation touche également, les lacunes laissées par la réponse de la Défense, en ce qui concerne l’ambulance qui a transporté Ghali à Logrono depuis Saragosse. Dans son argumentation, l’avocat rappelle l’arrêté sanitaire du 17 juillet 2021 qui instaure des restrictions aux déplacements en provenance de l’extérieur de l’espace Schengen à l’exception, entre autres, du personnel diplomatique et consulaire « dans l’exercice de leurs fonctions ». « Nous ne pensons pas qu’au Royaume d’Espagne les personnes munies de faux passeports, ou les citoyens sous enquête, soient dispensés de passer la douane et encore moins de s’identifier avec leurs passeports », ironise-t-il, « ou les citoyens sous enquête »  pour des crimes tels que ceux inculpés à Ghali devant la Cour nationale.

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