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Vaccination Covid : les médecins libéraux se sentent mis à l’écart



Vaccination Covid : les médecins libéraux se sentent mis à l'écart

Publié le 14 janv. 2021 à 14:22

« On n’est pas agacés, on est en colère ! » Jacques Battistoni, le président du syndicat MG France, a fait éclater sa déception, ce jeudi, lors de ses voeux à la presse. Nombre de généralistes ne comprennent pas où, quand et comment ils vont pouvoir vacciner leurs patients âgés de plus de 75 ans contre le Covid . Alors qu’ils ont fait des offres de service pour ouvrir un centre de vaccination, certains n’ont pas encore eu de réponse. Pourtant, neuf médecins sur dix veulent participer à la campagne nationale, selon un sondage interne réalisé par MG France. Et le syndicat, qui a participé à toutes les réunions techniques au ministère depuis décembre, espérait que les généralistes seraient mieux associés, dès le départ.

L’ouverture de la vaccination au grand public , en commençant par les 6 millions de patients les plus âgés, doit commencer lundi – même si elle a été un peu anticipée à Nancy. Les trois plates-formes de réservation ont ouvert ce jeudi et Jean Castex devait dévoiler en fin de journée, lors d’une conférence de presse, le numéro de téléphone gratuit permettant aux plus de 75 de réserver un rendez-vous pour leur première dose. En théorie, quelque 300 centres de vaccination devraient déjà avoir été créés à l’initiative des acteurs de terrain.

Une grande diversité de structures

Cependant, Jacques Battistoni est persuadé que les autorités en charge de l’agrément des centres de vaccination privilégient « les centres hospitaliers, voire les cliniques », parce que « le préfet fait confiance à ce qu’il connaît, des institutions », plutôt qu’aux projets collectifs des libéraux. Au jugé, il estime que trois-quarts des centres déjà agréés sont adossés à un hôpital. Et cela même alors que le président de la FHF, Frédéric Valletoux, a déclaré il y a dix jours que les hôpitaux, focalisés sur les malades, ne pouvaient pas se substituer à la ville pour vacciner le grand public…

En réalité, il y a une grande diversité de structures, comme en témoigne la tournée des centres de vaccination que s’apprête à effectuer ce vendredi le ministre de la Santé, Olivier Véran, à Troyes. Sa matinée doit commencer à l’hôpital, puis chez les pompiers, ensuite à l’Ehpad et, enfin, dans un local ouvert par la mairie. Des libéraux officieront dans ce dernier, qui n’existe pas encore. « Revenez plus tard, il n’y a pas de téléphone, les secrétaires sont en formation », explique-t-on dans le centre de test covid municipal, son jumeau.

Pénurie de vaccins

Les libéraux considèrent qu’ils sont des victimes collatérales de la relative pénurie de vaccins en début d’année : 2,7 millions de doses à fin janvier, 10 millions fin mars si AstraZeneca est autorisé, alors qu’il faut injecter deux doses au plus vite à 15 millions de personnes vulnérables.

Dans le 18e arrondissement de Paris, des libéraux ont obtenu le feu vert pour se lancer, la municipalité a offert une salle, un secrétariat, et organisé la livraison des doses depuis le centre de vaccination de référence. Mais seules 300 doses hebdomadaires seront livrées chaque semaine. « On a 13.500 personnes âgées éligibles sur l’arrondissement, plus les professionnels de santé, c’est intenable ! Comment allons-nous gérer nos patients inquiets ? », proteste Agnès Giannotti, généraliste chez MG France.

Comme le dit Jacques Battistoni, « on n’a pas besoin de plus de vaccinateurs, mais de plus de vaccins ». C’est bien le problème des libéraux.



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