Economie

Covid : une semaine pour faire éclore les centres de vaccination grand public


Publié le 11 janv. 2021 à 6:25Mis à jour le 11 janv. 2021 à 6:33

Dans une semaine, le pays devra s’être couvert de centres de vaccination contre le Covid-19, pour y accueillir le grand public – en commençant par les plus de 75 ans. L’extension de la campagne vaccinale à partir du 18 janvier , annoncée jeudi par le Premier ministre, était très attendue par les élus de terrain. Il va falloir « impliquer un maximum de professionnels de santé dans le cadre des structures existantes », « avec les élus locaux, maires, présidents d’agglomération », a expliqué Jean Castex. Samedi, il s’est rendu dans le centre de vaccination de Tarbes afin de donner le coup d’envoi à cette nouvelle phase . A la fin du mois, le gouvernement table sur 600 à 700 centres de vaccinations opérationnels. 

Comme de nombreux élus, Arnaud Péricard, le maire de Saint-Germain-en-Laye, a immédiatement présenté un projet à l’agence régionale de santé et au préfet des Yvelines. « Ce sera dans des gymnases, comme pour la grippe H1N1, parce qu’il faut gérer les flux et laisser de l’espace entre les gens », prévoit-il. Et tant pis si cela ressemble aux « vaccinodromes » de 2009, décriés car ils avaient été créés sans l’assentiment des soignants, hors des lieux de soins. 

Covid : une semaine pour faire éclore les centres de vaccination grand public

Les 100 centres de vaccination initiaux sont d’ailleurs tous hébergés dans des hôpitaux, pour immuniser les professionnels de santé eux-mêmes . Dimanche, leur nombre avait doublé. D’autres centres doivent éclore autour des soignants de ville. Mais le ministère de la Santé évoque uniquement des « lieux appropriés », où l’on soigne et l’on secourt : « Maisons de santé, centres infirmiers à proximité des hôpitaux, centres de la Croix Rouge », énumère une porte-parole.

Des taxis gratuits pour se faire vacciner

Arnaud Péricard et sa communauté d’agglomération veulent ouvrir ensemble trois centres de vaccination, chacun couvrant un bassin de 110.000 habitants. Un médecin-colonel pompier à la retraite coordonne les opérations. Des médecins nouvellement retraités se sont déjà proposés pour piquer les volontaires. « On parle peu de ressources humaines, alors que c’est crucial », pointe le maire : les ressources médicales sont rares sur tout le territoire. 

Si 60 % des plus de 75 ans se portent volontaires, près de 6.000 patients pourraient se présenter dans chacun de ces trois centres, calcule-t-il. Encore faut-il prévenir ces seniors, voire les aider. La municipalité va donc écrire aux personnes âgées inscrites dans le « fichier canicule », pour les inviter à consulter un médecin si elles le souhaitent, puis à prendre rendez-vous pour l’injection via le numéro vert du gouvernement ou sante.fr. « Pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer, on a des petites navettes. Nous pouvons aussi passer un accord avec nos taxis et assumer ce coût », souligne Arnaud Péricard. 

Equipes mobiles à domicile

Les médecins de ville plaident cependant pour un réseau encore plus décentralisé et diffus. « Notre vision, c’est plutôt des centres d’organisation que de simples centres de vaccination », explique Margot Bayard, présidente de la Fédération des soins primaires et membre du syndicat de généralistes MG France. Ces centres devraient « réceptionner les doses, les stocker, et les acheminer jusqu’aux cabinets médicaux qui en ont besoin, poursuit-elle, avec des binômes infirmiers-médecins pour vacciner, et une logistique gérée par les pharmaciens. »

Dans ce schéma, toutes les structures créées par les professionnels sur le terrain doivent trouver leur place, sans limite de nombre, y compris des équipes mobiles se déplaçant au domicile. La proximité doit susciter l’adhésion à la vaccination, plaide-t-elle : « Dans le Tarn, nous allons appeler nos patients de plus de 75 ans ; nous serons proactifs. Le fait qu’ils nous connaissent peut faire basculer une partie des indécis. » Un plan difficile à mettre en oeuvre dès janvier, avec seulement 2,7 millions de doses a priori livrées dans le pays. Le ministre de la Santé Olivier Véran y a d’ailleurs coupé court dimanche sur Europe 1 (lire aussi page 6), estimant qu’on risquait de « gaspiller des doses » en les disséminant. « Un médecin qui veut vacciner pourra le faire dans un centre de vaccination », a-t-il lâché. Fermez le ban.



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