Economie

Covid : semaine critique pour les services de réanimation en Ile-de-France

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Un nouveau palier épidémique a été franchi lundi dans les hôpitaux en Ile-de-France, avec 973 malades du Covid en réanimation, soit plus que le 2 novembre, et une courbe orientée à la hausse. Durant le week-end, le directeur général de l’Agence régionale de Santé (ARS), Aurélien Rousseau, a ordonné aux hôpitaux et aux cliniques de déprogrammer 40 % de leurs activités médicales et chirurgicales. Objectif : monter rapidement de 1.050 lits disponibles à 1.577, soit le troisième et dernier palier envisageable de la mobilisation du système hospitalier de la région. Au-delà, il ne pourra plus faire face sans l’aide des autres régions.

« C’est une semaine critique, et c’est très violent car nous avons l’impression d’avoir déjà vécu ça, témoigne Aurélien Rousseau. Nous constatons à nouveau un lien direct entre l’augmentation de l’incidence il y a 15-20 jours et les hospitalisations, ce qui nous promet une dizaine de jours extrêmement rudes dans les hôpitaux », prévient-il.

Aurélien Rousseau, le directeur de l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France.

Aurélien Rousseau, le directeur de l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France.NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Mesures de freinage

Pendant la dernière quinzaine de février, l’Ile-de-France s’est singularisée par une flambée des contaminations, alors que la dynamique nationale était plus erratique. Tous les départements franciliens sont désormais en « surveillance renforcée » , avec une incidence de 345 cas pour 100.000 habitants, contre 217 pour 100.000 dans le pays. Mais l’exécutif a décidé la semaine dernière de ne pas confiner la région le week-end, contrairement au Pas-de-Calais.

Depuis début mars, l’incidence a crû moins vite toutefois dans la région. Si la dynamique ralentit aussi en réanimation, avec une quarantaine d’admissions par jour au lieu de 80, l’hôpital gérera tant bien que mal. Mais à une centaine par jour, cela sera insupportable. La tendance va être scrutée de près cette semaine, car le débat risque de monter sur d’éventuelles mesures de freinage.

En attendant, l’ARS a dû revenir sur sa philosophie de déprogrammations « en douceur », adoptée à la fin de l’année. Au lieu de donner l’ordre de libérer immédiatement un pourcentage de lits, l’agence avait fixé un objectif de 20 à 30 % de lits mobilisables à la demande en 48 heures. Mais cela n’a pas suffi, l’ARS n’ayant réussi à sécuriser que 1.050 lits alors que l’objectif de ce deuxième palier était de 1.127 lits. « A ce niveau, quelques dizaines de lits de différence, c’est fondamental, car il devient plus complexe de faire de la régulation hospitalière », justifie Aurélien Rousseau.

Les cliniques mises à contribution

Avec cet ordre « ferme » de déprogrammation, l’ARS veut s’assurer que les établissements privés assurent leur part d’effort. En effet, des directeurs de cliniques semblent avoir eu du mal à convaincre les chirurgiens libéraux de cesser d’opérer, pour libérer des places. « Le problème, c’est qu’on nous a prévenus très tard, et que les malades Covid, on ne les a pas vus pendant très longtemps parce que l’hôpital public n’était pas désireux de les partager », s’offusque Daniel Caille, PDG du groupe privé Vivalto, qui dit avoir été prévenu « mercredi ou jeudi » de l’accélération des admissions en réanimation dans la région.

Covid : semaine critique pour les services de réanimation en Ile-de-France

« Les intubés, vous ne les débranchez pas comme ça. On s’est exécutés, mais seulement à partir de vendredi », assure-t-il. Le nombre de lits disponibles en réanimation dans ses établissements est passé de 1 à 10 en trois jours, et il vise 30 lits mercredi. « On remplit nos quotas, comme on l’a fait il y a un an », plaide-t-il. Il sera alors « au taquet », parce que pour aller au-delà il faudrait faire venir du personnel d’autres régions.

Pour rappel, en novembre, l’Ile-de-France avait eu besoin de mobiliser 1.100 lits. En avril, elle est montée jusqu’à 2.700 , mais au prix de 20.000 renforts qui n’existent plus après un an de surtension nationale. En région parisienne, après la deuxième vague, le nombre de patients graves a reflué lentement, sans jamais repasser sous la barre de 500. Depuis la première semaine de janvier, il remonte sans interruption.

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