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Economie

Délais de paiement : Bercy accentue la pression sur les grandes entreprises


Publié le 28 sept. 2021 à 15:21Mis à jour le 28 sept. 2021 à 15:25

L’épidémie de Covid a interrompu les progrès qui avaient été réalisés : avec la crise sanitaire, les délais de paiement entre entreprises en France se sont de nouveau allongés. Au regard de la situation exceptionnelle créée par la pandémie, « le constat est plutôt positif. La dégradation a été limitée à 1,4 jour en moyenne », a toutefois relativisé ce mardi Jeanne-Marie Prost, la présidente de l’Observatoire des délais de paiement, qui présentait son rapport annuel.

C’est durant l’été 2020 que la situation s’est le plus détériorée en France, avec des retards de paiement des factures de plus de quinze jours, selon la société Altares. Depuis, la situation s’est progressivement améliorée : cet été, les retards étaient ainsi revenus en moyenne à 12,2 jours, un niveau toujours supérieur à ce qu’il était fin 2019 (11,5 jours).

« Inacceptable »

Cette situation ne satisfait pas le ministre délégué aux PME, Alain Griset. Il y a quelques mois, ce dernier espérait parvenir à un retard inférieur à dix jours cette année .

« Le retour à la situation d’avant crise est trop long », a-t-il déploré ce mardi, jugeant ces retards « inacceptables à l’heure de la reprise ». Un moment où les entreprises ont justement besoin de fonds pour relancer la production. « Les retards de paiement affaiblissent les sociétés les plus vulnérables », a-t-il martelé.

Alors que la politique du « quoi qu’il en coûte » mise en place par l’exécutif s’achève, il a aussi rappelé que les déséquilibres de trésorerie peuvent entraîner des défaillances . Même si celles-ci sont au plus bas en France, la vigilance s’impose.

Délais de paiement : Bercy accentue la pression sur les grandes entreprises

La sphère publique, bon élève

Par ailleurs la comparaison avec nos voisins européens reste peu flatteuse. En Allemagne, les retards de paiement sont en moyenne de quatre jours et aux Pays-Bas de sept jours.

En France, les situations sont en réalité disparates d’un secteur à l’autre. Sans surprise, l’hôtellerie-restauration, le commerce et le transport ont été ceux qui ont le plus souffert de l’aggravation des retards de paiement en 2020. De même, tous les acteurs n’ont pas évolué de la même façon pendant la crise sanitaire. Jeanne-Marie Prost a ainsi donné un satisfecit à la sphère publique. L’an dernier, celle-ci a réduit ses délais de paiement de 2 jours en moyenne pour l’Etat, 1 jour pour l’ensemble des communes, la palme revenant aux régions (5,5 jours).

Dégradation de la notation

En revanche, les grandes entreprises restent les plus mauvais payeurs. Situation qui perdure depuis de nombreuses années. Après avoir misé sur la pédagogie, Alain Griset a donc décidé de faire monter d’un cran la pression afin d’inciter les grands groupes à régler leurs fournisseurs dans de meilleurs délais.

Aux contrôles ciblés réalisés par la direction de la concurrence (DGCCRF) de Bercy, va désormais s’ajouter une plus forte implication de la Banque de France. Dans sa cotation Fiben, qui évalue les capacités d’une entreprise à honorer ses engagements financiers, la banque centrale va désormais intégrer une analyse des délais de paiement. Les mauvais comportements pourront être sanctionnés par une dégradation de la notation de l’entreprise, a averti ce mardi son gouverneur François Villeroy de Galhau, promettant « une action efficace pour assurer la sécurité économique des PME ». Au total, plus de 3.000 ETI et grandes entreprises sont concernées.



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