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Omar Hilale pointe la responsabilité pénale des pays finançant les groupes utilisant les enfants soldats

Omar Hilale pointe la responsabilité pénale des pays finançant les groupes utilisant les enfants soldats

L’ambassadeur du Maroc à l’ONU, Omar Hilale, a dénoncé les violations graves des droits des enfants dans les pays en guerre, et affirmé que les Etats qui abritent et entrainent les groupes armés doivent rendre des comptes à la communauté internationale. 

« Nous assistons malheureusement encore à des violations graves des droits des enfants dans de nombreux contextes, y compris dans plusieurs camps de réfugiés, où des groupes armés enrôlent des enfants et les séparent de leurs familles, au mépris total de leurs droits fondamentaux », déploré le diplomate lors d’une réunion virtuelle organisée par le Canada, le Rwanda, l’Uruguay, le Département des opérations de paix de l’ONU et l’Institut canadien Dallaire pour les enfants, la paix et la sécurité.

Cette réunion à laquelle le Maroc a participé, s’est tenue à l’occasion de la Journée internationale des enfants soldats, et s’est intéressée aux droits des enfants et surtout ceux qui se trouvent enrôlés de force dans des activités terroristes, conflits armés, devenant ainsi des enfants soldats, entrainés dès leur plus jeune âge à agir en tant que machine de guerre au lieu d’avoir une vie de famille et d’aller à l’école.

Omar Hilale a estimé que les pays qui « abritent, arment, financent et entraînent les groupes armés qui enrôlent des enfants » sont tout aussi responsables que ces groupes armés. Ces pays « portent la même responsabilité pénale que ces groupes et doivent rendre des comptes à la communauté internationale », a-t-il martelé.

« La responsabilité première incombe aux Etats membres de protéger tous les enfants, particulièrement ceux réfugiés sur leur territoire, sans distinction d’aucune sorte », a ajouté M. Hilale, au moment où au moins 300.000 enfants sont utilisés par des groupes et milices pour faire la guerre dans le monde.

Les enfants sont recrutés depuis leur plus jeune âge, dès leurs 7 ans pour certains et ce phénomène concerne autant les garçons que les filles. Alors que dans certains pays les enfants sont kidnappés, dans d’autres, ce sont les communautés armées dirigeants des camps qui obligent les parents à « livrer » leurs enfants pour servir dans les rangs des groupes armés.

« Les enfants victimes qui sont forcés ou piégés dans des groupes armés, souffrent d’un large éventail de violations et d’abus de leurs droits humains », a indiqué le diplomate marocain expliquant que ces abus et menaces concernant « leur droit à la vie » en premier lieu, et leur « droit de ne pas être soumis à des violences sexuelles et d’autres formes de torture, le droit à l’éducation et le droit à la liberté de pensée ».

« Le recrutement et l’exploitation d’enfants au sein de groupes armés doit cesser de façon urgente, les préjudices pour ces enfants sont immenses », a indiqué l’UNICEF à l’occasion de la journée internationale des enfants soldats.

Et d’ajouter que « cette pratique est une violation extrême des droits de l’enfant, bafouant un grand nombre d’articles de la Convention relative aux droits de l’enfant (CIDE) ».

« Outre les blessures physiques et les risques de mortalité élevés, ces enfants vulnérables sont aussi susceptibles de contracter des maladies mentales pour le restant de leur vie suite aux traumatismes des expériences vécues », a indiqué l’agence onusienne.

En effet, l’agence des Nations Unies a souligné les effets post traumatiques vécus par les enfants qui ont fait la guerre jugeant important de mettre en place des programmes de réintégration « pour offrir un avenir à ces enfants vulnérables, victimes de dommages incommensurables sur leur vie et leur développement » après avoir vécu ou été témoins d’expériences violentes « inimaginables ».

Les phénomène des enfants soldats existe depuis de nombreuses années, et est connu au Soudan du sud où environ 6.000 enfants ont été enlevés depuis 2013, et existait dans les années 2000 en Sierra Leone notamment.

Actuellement, plus d’une vingtaine de pays sont concernés par le recrutement d’enfants soldats par des groupes armés et milices qui échappent au contrôle des autorités. Les pays concernés sont majoritairement situés en Afrique mais aussi en Amérique latine, et en Asie.

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