France

Une étude dévoile que le recours aux traitements pour infertilité est de plus en plus tardif

Illustration d’une fécondation in vitro. — Pixabay
  • Une étude menée par l’Ined, l’Inserm et l’université de Saclay parue ce jeudi montre qu’environ 150.000 femmes ont recours chaque année en France à un traitement contre l’infertilité.
  • Une proportion restée stable entre 2008 et 2017, mais qui se décale dans le temps. Si les femmes jeunes sont un peu moins traitées, les femmes de plus de 34 ans sont bien plus nombreuses qu’il y a dix ans.
  • Une autre étude, encore en cours, semble montrer que le recours à la PMA s’accroît, tandis que les traitements de première intention, médicaments ou injection d’hormones sans insémination artificielle baissent.

Combien de couples, confrontés à l’infertilité, suivent des traitements pour tenter d’avoir un enfant ? Ce recours s’est-il accru ces dernières années en France ?

Les derniers chiffres indiquent qu’un couple sur cinq ne parvient pas à obtenir une grossesse après douze mois d’essai, mais que tous ne consultent pas et ne vont pas jusqu’à la procréation médicalement assistée (PMA). La question s’est imposée dans les médias, mais il manquait des statistiques sur l’infertilité aujourd’hui en France. Voilà pourquoi l’étude publiée ce jeudi par l’
Institut national d’études démographiques (Ined), l’Institut national de la santé et de la recherche médicale 
(Inserm) et l’
Université de Saclay s’avère particulièrement intéressante.

1,25 % des femmes traitées pour infertilité chaque année

Qu’en ressort-il ? Entre 2008 et 2017, 1,25 % des femmes de 20-49 ans en moyenne étaient traitées pour infertilité chaque année en France. Soit plus de 150.000 femmes. Rappelons que même lorsque c’est l’homme qui est infertile, c’est la femme qui suit des traitements, parfois lourds, quand il s’agit de PMA.

Ces résultats se basent sur les remontées de l’Assurance maladie. Car en France, contrairement à d’autres pays, les traitements de l’infertilité sont remboursés, depuis la stimulation hormonale jusqu’à la fécondation in vitro en passant par l’insémination artificielle. En revanche, pour le moment, les femmes qui désireraient recourir à une PMA en solo, les couples d’homosexuelles et les femmes de plus de 42 ans ne peuvent, selon la loi, bénéficier de cette prise en charge.

C’est la première estimation au monde réalisée sur une vaste population et prenant en compte tous les traitements de l’infertilité. Car cette étude s’intéresse non seulement à la PMA (Insémination artificielle et Fécondation in vitro), mais également aux étapes qui précèdent. « On parle alors d’induction de l’ovulation, en général le premier traitement qu’on donne, explique
Elise de La Rochebrochard, chercheuse à l’Ined et coautrice de l’étude. Soit le clomid, une substance active vendue en pharmacie, des cachets que la femme prend pendant cinq à dix jours pour qu’elle produise des ovocytes. Deuxième possibilité : des hormones injectées par des seringues ou des stylos injecteurs. » Exactement le même traitement qu’une femme en Fiv, mais à une dose moins élevée. C’est donc la première fois que sont pris en compte ces « traitements pré-PMA ».

Des PMA de plus en plus tardives

L’étude prouve qu’au cours de la dernière décennie, le recours au traitement de l’infertilité est resté stable, mais s’est décalé dans le temps. « On constate un double phénomène : d’un côté les plus jeunes sont un peu moins traitées, souligne Elise de La Rochebrochard. De l’autre, pour les femmes de plus de 34 ans, le taux de recours a augmenté de 24 %. » En clair, pour 100 femmes de plus de 34 ans traitées en 2008, il y en avait 124 en 2017.

Graphique de l'étude sur le recourt aux traitements contre l'infertilité de l'Ined.
Graphique de l’étude sur le recourt aux traitements contre l’infertilité de l’Ined. – Ined

La chercheuse va plus loin : « Une nouvelle analyse, qui est en cours, est en train de comparer les recours à la PMA aux traitements contre l’infertilité avant la PMA. Elle semble indiquer qu’on traite davantage par PMA qu’avant. Ce qui est assez cohérent avec notre étude : chez les femmes plus âgées, on va passer beaucoup plus rapidement en PMA parce que le temps presse. » Et ce qui colle avec
une autre étude, déjà parue, qui montre que le nombre d’enfants nés après une PMA a nettement augmenté ces dernières années.

Les auteurs de l’étude parue ce jeudi soulignent que cette question doit être traitée comme un problème de santé publique. Car plus les traitements sont pris tard, moins ils fonctionnent. Ce que plusieurs médecins interviewés dans cet article martelaient : l’information aux femmes,
mais également aux hommes, doit être améliorée. Elise de La Rochebrochard met cependant en avant une étude,
nommée Sept couples sur dix traités par Fiv arrivent à devenir parents, qui donne du baume au cœur. « Sur 100 couples traités par Fiv, 41 avaient un enfant durant la Fiv, 7 après avec d’autres traitements, 12 devenaient parents grâce à une naissance naturelle, 11 adoptaient un enfant. L’espoir est toujours permis. »

Graphique d'une étude de l'Ined sur la parentalité après une Fiv.
Graphique d’une étude de l’Ined sur la parentalité après une Fiv. – Ined

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