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Une enquête ouverte après des affiches accusant des profs de Sciences po d’islamophobie

Une enquête ouverte après des affiches accusant des profs de Sciences po d’islamophobie

Le parquet de Grenoble a confié l’enquête à la police au commissariat de la ville. Illustration — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Depuis plusieurs semaines, le campus de l’IEP de Grenoble est en proie à une série de polémiques autour de l’islamophobie.
  • Deux professeurs, visés par ces accusations par un syndicat étudiant, ont vu leurs noms placardés sur les murs de Sciences politiques jeudi.
  • Une enquête a été ordonnée par le parquet de Grenoble à la suite de cette action.

Deux professeurs de Science PôGrenoble ont vu leurs noms placardés sur des affiches collées sur différents murs de l’établissement, associés à ces phrases : « 
L’islamophobie tue », « des fascistes dans nos amphis ».

A la suite du signalement de la direction de l’Institut d’études politiques, le procureur de la République de la ville, Eric Vaillant, a annoncé, samedi soir, avoir ordonné une enquête pour des faits « d’injure publique envers un particulier par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique ». Et « dégradation ou détérioration légère de bien destiné à l’utilité ou la décoration publique par inscription, signe ou dessin ». Des délits punis respectivement de 12.000 et 15.000 euros d’amende, rappelle le parquet, qui a chargé le commissariat de Grenoble de l’enquête.

Deux enseignants accusés par un syndicat

Depuis plusieurs semaines, le campus de Grenoble est en proie à une série de polémiques entre étudiants, syndicats et enseignants autour de l’islamophobie. Deux professeurs, enseignant l’allemand et les sciences politiques, sont visés par l’Union syndicale de l’IEP par des accusations d’islamophobie, largement relayées sur les réseaux sociaux. Tout serait parti, en décembre dernier, d’un groupe de travail entre professeurs pour préparer la semaine de l’Egalité et contre les discriminations, portant cette année sur le thème « racisme, islamophobie et antisémitisme », rappelle France Bleu.

Le prof d’allemand, dont les échanges par mails destinés à d’autres enseignants ont été rendus publics, aurait notamment estimé « qu’une journée consacrée au thème Racisme, islamophobie et antisémitisme reste une très mauvaise idée (…). Elle serait une insulte aux victimes réelles (et non imaginaires !) du racisme et de l’antisémitisme ». Des écrits jugés discriminants par l’Union syndicale de l’IEP, dont les accusations d’islamophobie visent également un maître de conférences, dont les cours portent sur « L’Islam et les musulmans dans la France contemporaine ». L’union syndicale de l’IEP a lancé un appel à témoignages destiné aux étudiants pour savoir si des propos « problématiques » étaient tenus par le maître de conférences pendant son cours.

Pas de plaintes déposées par les professeurs pour l’heure

En colère, ce dernier aurait alors envoyé un mail à une centaine d’étudiants demandant aux membres de l’Union syndicale de ne plus venir à ses enseignements. Dans la foulée de ce mail, le syndicat a déposé plainte pour discrimination syndicale. Une plainte classée sans suite, a appris 20 Minutes, samedi soir, auprès du parquet de Grenoble, l’infraction étant « insuffisamment caractérisée ».

Vu les proportions prises par cette affaire, l’enseignant d’allemand, qui a indiqué à nos confrères de France Bleu​ craindre pour sa sécurité, est en arrêt de travail. Il n’a pas porté plainte pour l’heure. « Mais je vais peut-être devoir le faire. Car me traiter d’islamophobe est non seulement diffamatoire mais dangereux, quand on repense à ce qui est arrivé à Samuel Paty, dont le nom avait été jeté en pâture sur les réseaux sociaux », a-t-il déclaré à France Bleu. Le maître de conférences assure désormais ses cours en distanciel.

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