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Règlements de comptes entre pop stars dans la rue la plus chic de Londres

Règlements de comptes entre pop stars dans la rue la plus chic de Londres


À 77 ans, Jimmy Page a tout : gloire, argent, famille. Le célèbre guitariste, compositeur et producteur, étendard de la contestation des valeurs bourgeoises lors dans les années 1970, vit cloîtré dans « Tower House ». Sis à Ilchester Place, son manoir majestueux d’Holland Park, dans l’Ouest londonien, comprend d’innombrables pièces superbement aménagées, décorées de toiles de maître, d’antiquités et de disques d’or. L’ancien leader du groupe de hard rock Led Zeppelin a toutefois quitté les pages sur papier glacé des magazines de décoration d’intérieur pour défrayer la chronique des faits divers.

En effet, celui qui fut un diablotin rebelle s’est lancé dans un impitoyable bras de fer avec ses voisins d’Ilchester Place à propos des travaux de rénovation pharaoniques engagés par d’autres grosses pointures du show-business.

Des chantiers « inadéquats, assourdissants, antisociaux et sales »

À commencer par le chanteur de pop Robbie Williams, qui entendait construire un énorme sous-sol comprenant une piscine et un gymnase. Après sept ans de démêlés juridiques, « Robbie » a obtenu gain de cause mais son ennemi juré a fait appel. Plus haut dans la petite avenue légèrement inclinée bordée d’arbres, Riccardo Zacconi, développeur de la populaire application de jeux mobile Candy Crush Saga, veut créer une extension éléphantesque. D’après le Daily Mail, l’animateur de radio franco-marocain Jacques Essebag, dit Arthur, a également engagé d’importants travaux la maison dont il est propriétaire dans l’allée.

Au total, pas moins de huit propriétés de l’artère la plus riche de la capitale sont aujourd’hui couvertes d’échafaudages. D’où la colère de Jimmy Page qui a écrit à la municipalité de Kensington & Chelsea pour faire arrêter des chantiers de réhabilitation qu’il juge « inadéquats, assourdissants, antisociaux et sales, mettant à mal la tranquillité et la sécurité du quartier ». C’est l’enfer, affirme le plaignant. La noria des camions transportant la terre ou le bruit assourdissant des foreuses donnent le tournis. S’ajoutent les risques d’écroulement des buildings concernés à la suite d’un glissement de terrain.

L’obsession des basements

L’affaire fait grand bruit en raison de la renommée des protagonistes qui figurent aux premiers rangs du classement 2020 des possédants. Le quartier attire particulièrement les stars du show-business en raison de sa proximité avec l’autoroute M4 desservant l’aéroport d’Heathrow, véritable cordon ombilical reliant Londres aux deux autres Mecque de l’industrie musicale, New York et Los Angeles. Jimmy Page a d’ailleurs reçu le soutien d’autres vedettes de l’Entertainment impliquées dans des actions similaires contre leurs voisins milliardaires pris de mégalomanie, à l’instar de la comédienne Joan Collins ou du guitariste Brian May, ex-Queen.

Le creusement de sous-sols, appelés basements en anglais, est devenu l’obsession des nantis londoniens, raconte le Times. Traders de la City, oligarques, cheikhs arabes et autres nouveaux riches entendent installer sous terre piscine, gymnase, salles de jeux ou de bal, chambres de bonne ou galeries d’art. Rien n’est trop cher, ni trop luxueux, pour réaliser les lubies les plus extravagantes comme un cinéma, voire une plage de sable fin !

Le précédent de l’ambassadeur de France

On peut imaginer l’embarras des édiles. Le prix des propriétés d’Ilchester Place peut atteindre 35 millions de livres (40 millions d’euros), avec une moyenne de 17 millions de livres ! Les super-riches installés dans un rayon de trois kilomètres à la ronde de Holland Park font vivre toute une série de sous-traitants, du bâtiment aux traiteurs en passant par les entreprises de jardinage, de sécurité, de décoration ou de nettoyage. Les dépenses des beautiful people alimentent les caisses d’une mairie conservatrice, réputée pour ses bas impôts locaux.

« An Englishman’s home is his castle  » ( la maison d’un Anglais est son château) : pour parvenir à ses fins, Jimmy Page invoque le bon vieil hymne à la propriété cher aux sujets de la reine qui date au XVIIe siècle. Le chanteur met en exergue le précédent de la résidence de l’ambassadeur de France située à Kensington Palace Gardens, à quelques encablures d’Ilchester Place. En 2015, le voisin de gauche, Jon Hunt, fondateur de la plus grosse agence immobilière britannique, avait reçu l’autorisation de créer un énorme sous-sol sur six étages afin d’entreposer sa collection de vieilles voitures. La demeure du représentant de la République, devenue invivable, aurait dû être vendue. Face à la levée de boucliers des riverains, le promoteur avait été débouté in extremis.


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