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Nicolas Sarkozy fait-il face à une « justice politique » ?

Nicolas Sarkozy fait-il face à une « justice politique » ?


« Je suis habitué à subir ce harcèlement depuis dix ans », martelait l’ancien président de la République sur TF1 mercredi 3 mars, au JT de 20 heures de TF1, deux jours après sa condamnation dans l’affaire dite des écoutes. La justice s’acharne-t-elle ? Comment éviter qu’un doute s’installe sur la partialité des juges lors d’une affaire dite politique ? Dans Le Point des idées, diffusée chaque dimanche à 14 heures sur LCI, chacun des invités – aussi bien du côté des avocats que des magistrats –, représentés ce jour par MeHenri Leclerc, avocat pénaliste, et Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature, appelle à une réforme de la justice « plus ample encore » que celle proposée par Éric Dupond-Moretti, pour « rétablir le lien de confiance entre les citoyens et la justice ».

Passé le retentissement au prononcé de la peine infligée à Nicolas Sarkozy, Me Henri Leclerc met notamment en garde sur la suite de la procédure, en appel : « Il ne faudrait pas que l’affrontement violent qu’il y a actuellement amène les magistrats de la cour d’appel à avoir un réflexe personnel, humain, de protection des magistrats. Attention, insiste-t-il. Il va falloir qu’elle [la procédure, NDLR] soit particulièrement sereine dans cette affaire, tant sur le principe de la culpabilité, que sur la peine. Ils vont avoir du mal à être sereins. »

« L’affaire du mur des cons a révélé un truc incroyable… »

Peut-on par ailleurs parler d’un acharnement judiciaire envers l’ancien président ? C’est ce que la droite dénonce, rappelant ces derniers temps l’affaire du mur des cons, ainsi que la non moins fameuse comparaison de Nicolas Sarkozy entre magistrats et petits pois… « L’affaire du mur des cons a révélé un truc incroyable : les magistrats ont des idées politiques, ils votent. Ils sont de droite ou de gauche. C’était un scoop incroyable », rétorque avec ironie la présidente du Syndicat national de la magistrature, Katia Dubreuil. « Les juges ne sont pas exclus de la société », confirme l’avocat en plateau ce jour.

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Sur le volet du Parquet national financier (PNF), le débat se porte ensuite sur les récentes révélations du Point, qui expliquent comment le PNF avait cherché, six ans durant et dans le plus grand secret, une taupe infiltrée dans l’appareil judiciaire français, à même de renseigner Nicolas Sarkozy et son entourage sur des procédures judiciaires en cours. « On a promis dès sa création [au PNF] une indépendance qu’il n’a jamais eue », souligne Marc Leplongeon, journaliste au Point. Un parquet centralise donc les affaires les plus sensibles […] sans avoir aucune garantie d’indépendance, et on a à côté de ça seulement une poignée de juges qui récoltent toutes ces affaires-là. » Une présomption de partialité de l’institution serait-elle alors inévitable dans le débat public ? Là aussi, les débats sont vifs.

Comment réduire ce manque de confiance entre une partie des citoyens et les magistrats ? Faudrait-il par exemple élire les juges comme aux États-Unis ? « En France, on a du mal à sortir de l’idée que la légitimité ne peut tenir que de l’élection », souligne Katia Dubreuil. « Est-ce que la justice américaine est meilleure que la justice française ? Je ne suis pas sûr… », renchérit-on aussi en plateau. Tant de questions débattues en plateau pour ce nouveau numéro du « Point des idées ».

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Sommes-nous entrés dans une « dictature sanitaire » ? L’homme a-t-il toujours autant œuvré pour sa santé ? Nicolas Bouzou, économiste, essayiste et auteur de « Homo Sanitas : histoire et avenir de la santé », est l’invité de la première partie du « Point des idées ».


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