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Les professionnels du tourisme jugent « catastrophique » l’isolement pour les voyageurs

Les professionnels du tourisme jugent « catastrophique » l’isolement pour les voyageurs

Des voyageurs passant aux détecteur de métaux d’un aéroport. Illustration. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Craignent une vague d’annulations, les professionnels du tourisme ont jugé « catastrophique »
la mesure d’isolement pour les voyageurs revenant d’un pays hors Union Européenne, ont-ils déclaré dans un communiqué, ce vendredi, regrettant de n’avoir pas été consultés.

Cette décision, « sanitairement peu efficace et économiquement catastrophique », va pousser les Français à «annuler» leurs séjours​ et accélérer « la destruction d’emplois », jugent les Entreprises du voyage (EDV) et le Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto).

« Sept jours d’isolement n’apportera rien »

Jeudi, le Premier ministre Jean Castex a annoncé le renforcement des mesures sanitaires. A compter de lundi, les voyageurs en provenance d’un pays extérieur à l’Union Européenne devront effectuer un test avant de partir, s’engager sur l’honneur à s’isoler pendant sept jours une fois arrivés en France, puis refaire un deuxième test PCR à l’issue. Le système de tests PCR au départ du pays d’origine et à l’arrivée en France « est très sûr », déclare Jean-Pierre Mas, président des EDV, qui considère qu’y ajouter « sept jours d’isolement n’apportera rien ».

« C’est remettre en question la validité des tests », ajoute-t-il. « A partir du moment où vous avez des frontières ouvertes avec des pays tiers dans l’Union Européenne et que ces pays ne prennent pas les mêmes mesures, ça ne sert a rien », considère pour sa part Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du Monde et vice-président du Seto. S’il salue les aides économiques du gouvernement, comme le fonds de solidarité ou le chômage partiel, il critique « le fond » de cette mesure et « la méthode ».

« Presque tous les appels qu’on a, c’est pour des annulations »

Comme d’autres, François Rial regrette que les professionnels du tourisme n’aient pas été consultés : « On peut tout accepter si c’est dans l’intérêt général, mais dans ce cas-là on discute ». « Je pense que l’hiver est cuit, de janvier à avril on ne fera rien », avance-t-il. « C’est le moment où tout le monde était en train de construire son voyage, là c’est la fin de toute la réflexion pour le voyage sur février et Pâques », prédit René-Marc Chikli, président du Seto, qui juge la mesure « dramatique ».

Pour l’hiver 2020-2021, le Seto recense pour ses adhérents une baisse du chiffre d’affaires global de 76 %, et de -80 % sur celui des départs long-courrier. Olivier Kervella, PDG du voyagiste NG Travel (Kappa Club, Club Coralia), dit déjà constater l’effet dissuasif de la mesure. Jusqu’à présent, son entreprise recevait encore « quelques demandes de réservations », assure-t-il, mais désormais, « presque tous les appels qu’on a, c’est pour des annulations ».

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