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Janet Yellen confirmée au Trésor, une première pour une femme

Janet Yellen confirmée au Trésor, une première pour une femme

Après avoir dirigé la Fed, Janet Yellen a été confirmée comme secrétaire au Trésor le 25 janvier 2021. — Shutterstock/SIPA

Elle a l’habitude des périodes économiques mouvementées. Janet Yellen, l’ancienne présidente de la Banque centrale américaine (Fed), a été confirmée lundi par le Sénat pour devenir la première femme secrétaire au Trésor. A 74 ans, elle sera le visage de la politique économique du pays en proie à une crise économique causée par la pandémie de Covid-19. Une démocrate et économiste respectée, elle a été choisie par le président Joe Biden pour remplacer Steven Mnuchin à la tête du ministère de l’Economie et des Finances.

Avec 84 voix pour et 15 contre, il n’y a pas eu de suspense. C’est la troisième membre du gouvernement de Joe Biden à être confirmé par le Sénat après le chef du Pentagone Lloyd Austin et la directrice du Renseignement Avril Haines. Le vote sur la nomination du secrétaire d’Etat Antony Blinken devrait avoir lieu mardi.

Soutien du gouvernement en temps de crise

Disciple de Keynes, Janet Yellen défend le soutien du gouvernement à l’économie en temps de crise. A la tête de la Fed (2014-2018), elle avait maintenu les taux près de zéro alors que les créations d’emploi et la hausse des solaires avaient longtemps patiné. Lors d’un grand oral au Congrès la semaine dernière, elle a vigoureusement appuyé le massif plan de relance proposé par Joe Biden.

Il faut « voir grand », a plaidé Yellen. L’administration Biden veut faire passer un gigantesque plan d’aide d’urgence à l’économie de 1.900 milliards de dollars. Celui-ci comprend des aides d’urgence pour les ménages les plus vulnérables et les petites entreprises. « Il y a un consensus à présent : sans nouvelle action, nous risquons une récession plus longue et plus dure et des cicatrices sur l’économie à long terme », avait justifié Janet Yellen devant les sénateurs.

Avantages des taux zéro

La pandémie et son cortège de restrictions à l’activité ont mis le marché du travail américain à genoux, un pan de l’économie auquel Yellen, une économiste du chômage, va porter beaucoup d’attention. Près de 16 millions d’Américains vivent actuellement grâce aux allocations chômage.

Lorsque Barack Obama était arrivé à la Maison Blanche en janvier 2009, au coeur de la récession provoquée par la crise financière, le taux de chômage était de 7,2 %, un peu plus élevé que les 6,7 % de décembre 2020, mais les inscriptions hebdomadaires au chômage étaient bien moindres. Les droits aux allocations-chômage sont limités dans la durée, ce qui explique parfois la disparité entre le chiffre du chômage et celui des demandes d’aides.

Pour convaincre de voter le nouveau plan de Joe Biden, Janet Yellen a relevé que les taux d’intérêt proches de zéro permettent d’emprunter de l’argent sans que le coût des intérêts n’alourdisse encore la dette des Etats-Unis. « A long terme, je pense que les avantages seront bien plus grands que les coûts financiers de ce plan », avait-elle souligné devant les élus. Elle aura fort à faire car des réticences existent même dans le camp démocrate.

Flou sur les impôts

Sur la question des ressources de l’Etat et des impôts, la future secrétaire au Trésor a indiqué qu’elle était d’accord augmenter le taux d’imposition des entreprises à 28 %. En 2017, l’administration Trump l’avait fait tomber de 35 % à 21 %. Les objectifs de réforme pour imposer les plus riches sont moins clairs. Yellen a indiqué que ce ne serait pas « une taxe sur la richesse » mais qu’il s’agirait d’un surcroît d’impôts sur les revenus issus d’investissements pour les foyers qui dégagent un revenu supérieur à un million de dollars.

Sur le sujet houleux avec l’Union européenne des taxes sur les grands groupes du numérique, elle s’est montrée plus ouverte à la discussion que son prédécesseur. S’agissant de la politique commerciale, Yellen a annoncé sans surprise que, vis-à-vis de la Chine, les Etats-Unis allaient s’inscrire dans le sillage de l’administration Trump en déployant un large arsenal d’outils pour contrer les pratiques « abusives », « injustes » et « illégales » de Pékin.

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