France

Football – Championnats nationaux : la défaite de trop !

Football – Championnats nationaux : la défaite de trop !


Renoncer et subir ! Voilà le bilan résumé d’une année de gouvernance de la Fédération française de football (FFF). L’arrêt du National 2 et de la D2 féminine est la dernière défaite de la série en cours. Et quand on lit la réaction du président sortant à l’annonce de la décision gouvernementale (« J’en prends acte »), on est consterné : « Prendre acte », c’est ça, défendre le football français ?

Le grand renoncement d’avril 2020

Au printemps, le virus frappe partout en Europe. En France, le couperet tombe : arrêt définitif de la Ligue 1 et de la Ligue 2. Non pas suspension, mais fin de la saison ! Et tout cela, décidé d’une phrase lapidaire par Noël Le Graët dans une interview au Télégramme de Brest. Le prétexte : une autre phrase, dans un discours du Premier ministre, rajoutée en dernière minute et qui sort de nulle part. Résultat : le foot français paralysé. Pourtant, dix-sept jours plus tard, l’Allemagne reprend, puis tous les autres grands pays de foot. Coût : environ 500 millions d’euros pour le football pro français, l’équivalent de Mediapro. Et on ne parle là que des conséquences économiques…

Nouveau renoncement en octobre 2020 pour la Coupe de France et le National 2

En octobre, la France brandit la continuation des championnats de « haut niveau » pour montrer qu’elle a compris son erreur d’avril, celle qui ne fut jamais avouée ni admise. Ligue 1, Ligue 2, D1F et D1 futsal, de même que le National 1 jouent. Mais… la Coupe de France, ce n’est pas du haut niveau ? Et le National 2 ? Ce sont 2 000 emplois, dont 1 000 joueurs sous contrat qui vivent du foot ! Pendant ce temps-là, les Anglais jouent jusqu’à la 6e division, comme les autres grands pays qui descendent au moins jusqu’au 4e niveau. Deuxième renoncement, deuxième défaite.

Troisième renoncement, en janvier 2021, pour la Coupe de France féminine, le National 2 et la D2 féminine

En janvier, la Coupe de France repart et 36 millions d’euros de recettes fédérales sont sauvés. Enfin ! Mais avec une nouvelle formule, bricolée du fait du temps perdu depuis octobre. Ce n’est plus vraiment la Coupe de France, et huit clubs (et c’est huit de trop !) déclarent forfait, ne pouvant raisonnablement préparer les joueurs en dix jours. Mais si la Coupe de France masculine reprend, ce n’est pas le cas de la féminine ! Et le National 2 et la D2 féminine ne reprennent toujours pas…

Mars 2021 : une fois de plus, Noël Le Graët renonce et « prend acte »

FFF et gouvernement ont fini par reconnaître, le 18 février, le « haut niveau » du National 2 et de la D2F. Cela aurait pu être fait dès octobre avec une FFF plus vaillante, mais, au moins, ça repart. Six matchs en retard se jouent le 27 février. Patatras, le gouvernement fait machine arrière le 3 mars. Nouveau report d’un mois minimum, sonnant probablement la fin de ces championnats qui perdent subitement leur étiquette « haut niveau »… Clubs et joueurs de N2 et de D2 féminine ont fait tous ces efforts pour rien, et tout cela sans jamais être défendus par leur propre fédération. Auriez-vous lu quelque part une déclaration de Noël Le Graët ? Oui, une et une seule, après les événements : « J’en prends acte », a juste dit le président. Et d’ailleurs, pas un mot pour des clubs qui ne survivent déjà que sous oxygène. Pas un mot pour ces joueurs et joueuses dont c’est le métier et qui doivent tout arrêter. Pas une oreille pour les écouter et se rendre compte du combat qu’il faut mener pour eux. Et pas un mot non plus pour justifier ou même s’excuser de ce nouveau renoncement qui sonne comme une nouvelle défaite en rase campagne.

Tirons ensemble les leçons de ces échecs successifs. La situation sanitaire est, certes, complexe, mais les enjeux du foot sont immenses : sociaux, éducatifs, économiques. D’autres secteurs ont beaucoup moins d’atouts mais les font valoir efficacement. Notre sport doit enfin se battre et peser de tout son poids ! Avec deux millions de licenciés (soit quelque huit millions de personnes avec les familles), le football n’aurait rien d’autre à faire que de « prendre acte » ? Le football n’a-t-il rien d’autre à faire que d’attendre passivement que le gouvernement lui dise ce qu’il doit faire, hier, aujourd’hui et demain ?

De Berezina en Waterloo, démonstration est faite que ce n’est pas en reconduisant une si drôle d’équipe – en surface, un pseudo-monarque en fin de règne surnageant tant bien que mal au-dessus d’une palanquée de prétendants au trône ennemis deux à deux – que notre football sera défendu et sauvé dans une période si difficile. Nous appelons les participants au scrutin du 13 mars à mettre un point d’arrêt définitif à cette terrible spirale de renoncements et de défaites. Nous les appelons à se tourner résolument vers une ère nouvelle faite de détermination et de victoires, en faisant confiance à notre liste et à notre projet. Changer cette équipe, ça n’est pas faire la révolution : c’est montrer son ambition pour notre sport, c’est croire en l’avenir de notre football. C’est un vote de sagesse.

*Frédéric Thiriez est candidat à la présidence de la FFF


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