France

Empoisonnement de Navalny : les États-Unis durcissent le ton contre Moscou

Empoisonnement de Navalny : les États-Unis durcissent le ton contre Moscou


Washington a annoncé, mardi 2 mars 2021, des sanctions à l’encontre de plusieurs hauts responsables russes en réponse à l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny, dont les services de renseignements américains attribuent la responsabilité à Moscou. Il s’agit des premières sanctions contre la Russie annoncées par Joe Biden, qui, depuis son arrivée au pouvoir, le 20 janvier, a adopté un ton beaucoup plus ferme à l’égard du Kremlin que son prédécesseur républicain Donald Trump.

Les sanctions, qui visent en particulier sept hauts responsables, ont été prises «  en concertation étroite avec nos partenaires de l’UE  » et sont «  un signal clair  » envoyé à Moscou, a indiqué un responsable américain sous le couvert de l’anonymat. Parmi les individus ciblés figure Alexander Bortnikov, patron des puissants services de sécurité russes (FSB). «  Nous ne cherchons ni une remise à plat ni une escalade  », a souligné cette source, soulignant que les États-Unis n’hésiteraient pas à faire preuve de fermeté à chaque fois qu’ils l’estimeront nécessaire.

À LIRE AUSSILiberté d’expression : avant Navalny, le précédent Soljenitsyne

Pour les États-Unis, il n’y a aucun doute : Moscou est bien derrière la «  tentative d’assassinat  » du célèbre opposant russe. «  La communauté du renseignement estime avec un haut degré de confiance que des responsables des services de sécurité russe (FSB) ont utilisé un agent innervant connu sous le nom de Novitchok pour empoisonner le leader de l’opposition russe Alexeï Navalny le 20 août 2020  », a indiqué un responsable. «  Nous réitérons notre appel à une libération immédiate et sans condition d’Alexeï Navalny  », a-t-il ajouté.

«  Appel à libération immédiate  »

Quelques heures avant cette annonce américaine, qui fait suite à une décision similaire de l’UE, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait assuré que Moscou répondrait aux sanctions occidentales. «  Personne n’a annulé les règles de la diplomatie et une de ces règles est le principe de réciprocité  », a-t-il affirmé.

L’opposant de 44 ans est visé par de multiples procédures judiciaires depuis son retour en Russie après cinq mois de convalescence en Allemagne, où il se remettait de son empoisonnement. Il est arrivé dimanche dans une colonie pénitentiaire à 200 kilomètres à l’est de Moscou pour y purger une peine de deux ans et demi de prison, que lui et ses soutiens dénoncent comme politique. La justice russe a transformé en janvier dernier en prison ferme une peine avec sursis à laquelle il avait été condamné en 2014. Son arrestation le 17 janvier a provoqué en Russie d’importantes manifestations, auxquelles les autorités ont répondu par plus de 11 000 arrestations, suivies généralement d’amendes et de courtes peines de prison.

À LIRE AUSSIRussie : Ioulia, l’autre Navalny

Des experts des Nations unies ont réclamé, lundi, une enquête internationale sur l’empoisonnement de l’opposant. À Bruxelles, les États membres de l’UE ont, de leur côté, officialisé lundi des sanctions contre quatre hauts fonctionnaires russes impliqués dans les procédures judiciaires engagées contre Alexeï Navalny, et dans la répression menée contre ses partisans. Selon deux sources européennes, les personnalités sanctionnées sont Alexandre Kalachnikov, directeur des services pénitentiaires, Alexandre Bastrykine, responsable du Comité d’enquête russe, Igor Krasnov, procureur général, et Viktor Zolotov, chef de la garde nationale de Russie. Leurs noms doivent être publiés mardi au Journal officiel de l’UE.


Lien Source

Recommander0 recommendationPublié dans France

Share This Post