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Comment vivez-vous les tensions liées au rachat de l’usine de nickel de Vale ?



Comment vivez-vous les tensions liées au rachat de l’usine de nickel de Vale ?

A Nouméa en Nouvelle-Calédonie, des manifestantes et manifestants défilent pacifiquement «contre les blocages et la violence» autour de la reprise de l’usine de nickel, à l’appel des Loyalistes, samedi 12 décembre. — THEO ROUBY / AFP

Manifestations, blocages des axes routiers, violences, incendie… Le climat est tendu en Nouvelle-Calédonie,
autour du rachat de l’usine de traitement de nickel, située dans le gisement du Goro au sud de l’île. Le site, évacué et placé sous la surveillance des gendarmes, a été le théâtre d’un incendie et de dégradations mardi.

Depuis une dizaine de jours, le dossier explosif a ravivé les tensions sur le « Caillou » entre indépendantistes et non indépendantistes. A l’origine de la contestation, la vente de l’usine de nickel détenu par le groupe brésilien Vale à un consortium, Prony Resources, qui associe à hauteur de 50 % des intérêts calédoniens (collectivité provinciale, salariés et société civile calédonienne), de 25 % la société Trafigura basée en Suisse (géant du négoce de pétrole et métaux) et de 25 % une société d’investissement multipartite. L’usine a, en effet, enregistré deux milliards de dollars de perte depuis 2014 et n’a jamais atteint ses objectifs de production.

La province Sud, dirigée par des loyalistes, qui est propriétaire des sous-sols, soutient ce projet, tout comme l’Etat français, impliqué dans ce dossier par le biais d’importants soutiens financiers. De leur côté, les indépendantistes comme le FLNKS (Front de libération nationale kanak socialiste), le collectif « usine du sud : usine pays » et l’Instance coutumière autochtone de négociations (Ican), s’opposent à ce rachat et prônent une nationalisation des ressources minières. Ils auraient préféré l’offre portée par la Sofinor et Korea Zinc, qui permettait, selon eux, « de protéger le gisement de Goro des velléités croissantes de multinationales étrangères ».

Le nickel, l’« or vert » calédonien

L’exploitation du nickel, indispensable à la fabrication d’acier inoxydable, est le pilier de la croissance économique du Caillou, qui détient 25 % des ressources mondiales. Le territoire compte trois usines, mais est loin des Philippines, la Chine et de l’Indonésie en termes de volumes produits et confronté à une chute des cours du nickel. Ces tensions s’inscrivent dans un contexte déjà tendu après
un deuxième référendum sur l’indépendance, le 4 octobre,
remporté d’une courte tête par les non-indépendantistes (53,3 %). Un troisième vote doit avoir lieu d’ici 2022.

Pour les indépendantistes du FLNKS, le nickel est le socle d’une indépendance viable et doit rester « sous le contrôle de la puissance publique ». Cette ressource minière était déjà au centre de la revendication indépendantiste lors de la négociation de l’accord de Nouméa (1998) destiné notamment à « rééquilibrer » les richesses de l’archipel en faveur des Kanaks après des années de tensions et de violences. C’est dans le cadre de ces négociations qu’a été lancé le projet de l’usine du Nord. Aujourd’hui, les deux référendums et les tensions autour du nickel ont ravivé les antagonismes, faisant craindre la résurgence des « événements » violents des années 1980.

Vous résidez en Nouvelle-Calédonie, comment vivez-vous la situation ? Avez-vous été témoins de violences ? Avez-vous participé à des actions ou des manifestations ? Craignez-vous une escalade des tensions ? Racontez-nous. Vous pouvez témoigner via le formulaire ci-dessous. Vos réponses serviront à la rédaction d’un article. Merci d’avance.

 



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