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Abdessamad Haiker pointe la Lydec, en attendant un rapport détaillé

Abdessamad Haiker pointe la Lydec, en attendant un rapport détaillé

Les fortes pluies qu’a connues récemment la ville de Casablanca, notamment du 5 au 11 janvier, ont engendré à de graves inondations. Les plus grandes artères de la ville ont été bloquées, les voitures « noyées » dans les sous-sols, tandis que des maisons situées dans des quartiers populaires se sont effondrés.

La question qui est revenue en boucle ces derniers jours, c’est de savoir à qui incombe la responsabilité des derniers dégâts survenus à la métropole, censée être la « Smart City » du Royaume. Est-ce le conseil de la ville ou encore la société délégataire pour l’assainissement Lydec.

Pour répondre à ces interrogations, Hespress Fr s’est entretenu dans avec Abdessamad Haiker, premier vice-président du Conseil de la ville de Casablanca.

Dans un premier temps, le responsable à la ville de Casablanca nous explique que théoriquement, et pour déterminer la responsabilité de chacun dans cette affaire, il faut revenir aux trois parties concernées par le contrat, à savoir l’autorité délégatrice composée de 19 communes (Casablanca + 18 autres communes), le ministère de l’intérieur et la Lydec.

Quand on revient au contrat entre ces trois parties, on trouve que l’article 10 du contrat stipule que le seule responsable des réseaux d’assainissement au niveau de la ville de Casablanca c’est la Lydec, affirme Abdessamad Haiker. 

« La responsabilité de la Lydec, selon le contrat, est de réaliser une fois sur place des investissements au niveau des infrastructures. Puis elle a comme responsabilité l’entretien quotidien des réseaux d’assainissement« , dit-il. 

En ce qui concerne l’entretien de ces réseaux d’assainissements en rapport avec les dernières pluies qu’a connues la métropole, le responsable nous fait savoir que la Lydec élabore chaque année un programme qu’elle présente au conseil de la ville lors d’une réunion qui se tient annuellement au mois de mai.

Cette réunion, poursuit notre interlocuteur, a pour but de se préparer à l’avance aux pluies de l’année suivante. La Lydec doit donc réaliser une maintenance au niveau des infrastructures sous sa gestion notamment des opérations de curage à sec qui se font pendant la période d’été pour accueillir les pluies hivernales, explique-t-il. 

Ainsi, le premier vice-président du Conseil de la ville de Casablanca s’interroge si le programme qui leur a été présenté en mai 2020 par la Lydec, et toutes les préparations prévues pour accueillir les pluies hivernales, ont été réalisés ou pas. Est-ce que les préparatifs ont été menés à bien ou pas ?

Le troisième point à prendre également en considération, souligne le responsable, c’est que la Lydec reçoit les prévisions météorologiques de la part de la direction générale de la météorologie bien avant l’ensemble des Marocains. Abdessamad Haiker soulève ainsi plusieurs autres questions notamment si la Lydec a pris au sérieux ces prévisions ou pas ? Est-ce qu’elle a mis en place les moyens nécessaires pour y faire face et empêcher cette catastrophe que ce soit à l’échelle des ressources humaines, logistiques ou autres moyens ?

Au niveau du contrat, la responsabilité revient à la Lydec, insiste Haiker. De son côté, la société avance que durant les sept jours de pluie (du 5 au 11 janvier), ils ont reçu 70% de ce qui totalisé sur une année complète à Casablanca. Ce qui est beaucoup pour la capacité des réseaux de la métropole.

Un point appuyé par Abdessamad Haiker qui affirme que les dernières pluies ont été fortes et exceptionnelles et beaucoup plus que ce que nos réseaux peuvent supporter.

Mais en principe, ce sont eux les responsables. Toutefois, face à cette situation inédite et ce qui s’est passé récemment, nous ne pouvons pas trancher sur cette question à 100%” nous -a-t-il confié.

Raison pour laquelle le Conseil de la ville de Casablanca a demandé à la société délégataire Lydec de lui fournir de manière officielle un rapport d’expertise technique pour élucider les tenants et aboutissants de cette affaire, et qui sera étudié en profondeur.

Et selon la lecture de ce rapport par nos équipes, nous allons voir s’il y a  besoin de faire une contre-expertise ou pas. Et à ce moment-là nous pouvons trancher sur la question. Est-ce qu’il y a eu une responsabilité de la Lydec ? Est-ce une force majeure ? Etc”, fait savoir le responsable.

Cela dit, la question qui se pose du côté de l’opinion publique marocaine, c’est qui va dédommager les citoyens Casablancais impactés par les inondations, alors que la Lydec avance de son côté qu’elle a signé un contrat avec le conseil de la ville et non pas le citoyen. 

Notre référence à nous c’est le contrat. Le contrat avec la Lydec stipule dans son article 10 et 38 que le responsable des dégâts c’est la société délégataire. En plus, le contrat évoque de manière explicite que la Lydec doit absolument faire des contrats d’assurances sur les réseaux qu’elle entretient et autres”, rétorque le responsable. 

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