Vous voulez aider les oiseaux à passer l'hiver? Les bons et les mauvais gestes à connaître

Nourrir un oiseau part le plus souvent d’une bonne intention, qui plus en hiver car ils brûlent plus de calories et les ressources peuvent manquer. Pourtant, des pratiques dangereuses pour les volatiles persistent et certaines, plus vertueuses, restent méconnues.

Installer un filet contenant une boule de graisse dans votre jardin? Donner du pain aux canards d’un étang? Alors que les températures hivernales font leur retour en France, vous pourriez être tentés de préparer de la nourriture pour aider les volatiles croisés çà et là à passer l’hiver.

Pour autant, la bonne volonté ne suffit pas et certaines pratiques peuvent s’avérer contreproductives. Petit résumé des réflexes à avoir ou à mettre de côté, basé notamment sur certaines recommandations de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) relevées par Actu.fr.

• Le pain: un classique à bannir

Nombreux sont ceux qui préparent avec plaisir leur petit sac rempli de miettes ou de croûtons de pain avant d’aller distribuer le contenu aux oiseaux du coin: pigeons du parc voisin, canards des points d’eau environnants ou encore petits oiseaux qui viennent picorer dans le fond du jardin. C’est pourtant une très mauvaise pratique.

« Les oiseaux ne peuvent pas digérer le pain: il provoque des gonflements dans l’estomac », explique la LPO.

Le pain est aussi trop salé pour les volatiles et ses composants peuvent occasionner des malades du foie, causés par le gluten, ainsi que des problèmes osseux. La recommandation s’applique d »ailleurs à tous les produits similaires au pain (brioches, biscottes) et manière générale à tous les aliments (pâtes, gâteaux, …) à base de farines contenant du gluten.

• La boule de graisse, sous certaines conditions

De nombreux particuliers recourent en hiver aux traditionnelles boules mêlant graisse et graines, le plus souvent dans un filet en plastique. Pour ce cas particulier, la LPO recommande de privilégier les boules ne contenant pas d’huile de palme (trop riche en acides gras saturés).

Si la boule est une bonne idée, le filet est toutefois dangereux. Les oiseaux risquent de s’y empêtrer en voulant y manger et ces filets ont tendance à se décrocher facilement de leur point de fixation, notamment lorsqu’ils sont vides.

Il peut « rapidement se retrouver dans la nature et devenir un piège mortel », précise la LPO.

Si vous ne trouvez pas de boule sans filet dans le commerce, « il est préférable de l’enlever et de mettre la boule dans un distributeur adapté », détaille l’association. Vous pouvez également en fabriquer vous-même.

Une mésange bleue accrochée à une boule de graisse.
Une mésange bleue accrochée à une boule de graisse. © DAMIEN MEYER / AFP

• Les graines: la solution pour tous les oiseaux

La LPO précise que les petits oiseaux des jardins (la plupart faisant partie de la catégorie des « passereaux ») mangent principalement des graines en hiver, contrairement à un régime plus diversifié en été: insectes, fruits, baies et autres bourgeons. Vous pouvez y ajouter quelques fruits de saison comme la pomme et la poire.

« La meilleure nourriture à distribuer est la graine de tournesol noire (mieux adaptée que la graine de tournesol striée), les cacahuètes fraîches (ou arachides avec la coque) non grillées et non salées, et le maïs concassé », estime l’association.

Le régime alimentaire des oies, cygnes, canards et globalement de tous les animaux peuplant les plans d’eau urbains (mouettes comprises) est composé de « résidus végétaux (feuilles, tiges, racines, graines) auxquels ils ajoutent parfois des petits mollusques d’eau douce (limnées), des vers et des insectes aquatiques », écrit la LPO.

À noter toutefois que les oiseaux présents dans les parcs sont parfois nourris par le personnel qui travaille sur place et qu’il peut donc être déconseillé de leur distribuer de la nourriture supplémentaire.

• Plus d’eau, moins de lait

Si le réflexe est généralement de nourrir les oiseaux, ceux-ci ont tout autant besoin de boire. Le lait est une très mauvaise idée puisque les oiseaux ne peuvent pas digérer le lactose.

Il faut en effet préférer une eau pure sans additifs (huiles, sel ou autres nutriments), qui leur servira aussi à se laver et à construire leur nid. En hiver, les points d’eau auxquels ils ont habitués peuvent geler et les laisser sans solution. Il est donc important de surveiller l’état de l’eau.

« Quand les températures sont basses, cassez la glace et ajoutez de l’eau tous les jours à la même heure (ou deux fois par jour) », préconise le site spécialisé Ornithomedia.

Il est aussi possible d’acquérir dans un abreuvoir avec chauffage et thermostat intégré pour contrôler la température de l’eau. Si les graisses, l’alcool et le liquide antigel peuvent ralentir ou empêcher la transformation de l’eau en glace, ces composants sont toutefois dangereux pour les oiseaux.

• Bien positionner les approvisionnements

Ce conseil dépasse le cadre hivernal mais la LPO recommande également de faire attention à l’endroit où sont positionnées eau et nourriture. En hiver, il est particulièrement conseillé de multiplier les points d’approvisionnement pour éviter les attroupements d’oiseaux, plus récurrents qu’en été. Cela permet de prévenir les accrochages entre individus mais aussi la transmission de maladies.

En toute saison, éviter également de placer les vivres à proximité de murets, buissons, d’autres branches et plus généralement de tout endroit d’où peut survenir un prédateur, notamment les chats. Éloignez enfin nourriture et boisson des vitres pour éviter que les oiseaux ne s’y cognent.

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