Salomé Vincendon

Un chat vivant à côté d’une exploitation de canes contaminée par la grippe aviaire a été contaminé par le virus H5N1.

Un chat euthanasié fin décembre a été testé positif au virus H5N1, le virus donnant la grippe aviaire, rapporte Ouest-France ce mardi, laissant craindre une contamination plus large des mammifères. Le chat appartenait à une famille vivant à Mauléon (Deux-Sèvres). Une exploitation de canes pondeuses, à côté du domicile familial, avait été décimée par la grippe aviaire quelques jours avant la mort du chat

« Ce n’est pas nouveau qu’un chat soit contaminé par la grippe aviaire » explique à BFMTV.com Jeanne Brugère-Picoux membre de l’Académie nationale de médecine et de l’Académie vétérinaire de France.

« C’est assez exceptionnel, mais cela arrive », déclare-t-elle.

Des précédents cas de chats infectés

Elle cite des exemples déjà identifiés en Asie, même sur de grands félins contaminés, mais aussi sur des chats sur l’île de Rügen (Allemagne) en 2006. « Le virus de la grippe aviaire peut parfois infecter d’autres espèces animales comme le porc et d’autres mammifères, dont l’homme », écrit l’Institut Pasteur.

Dans le cas des Deux-Sèvres, la forte exposition avec l’élevage contaminé à proximité a certainement augmenté les chances d’infection.

Cette infection reste toutefois « une première » pour Pierre Bessière, enseignant-chercheur en virologie à l’École nationale vétérinaire de Toulouse, interrogé par Ouest-France, « c’est la première fois au monde qu’un cas de contamination domestique est rapporté avec un virus appartenant aux souches de type H5 qui circulent en Europe depuis 2016. »

Pour Jeanne Brugère-Picoux, cette première serait surtout due au fait que l’on ne teste pas beaucoup les chats ou chiens pour cette maladie. Les propriétaires du chat mort dans les Deux-Sèvres déclarent d’ailleurs au quotidien régional que le vétérinaire, à qui ils avaient amené leur animal courant décembre, n’avait pas voulu tester leur chat encore vivant pour la grippe aviaire.

Un risque de contamination à plus grande échelle?

La crainte dans cette transmission de l’oiseau au chat est que le virus mute et finisse par se transmettre facilement à l’homme ou entre mammifères. Ce virus « mute tout le temps » et pour l’instant il « ne s’est pas adapté » souligne Jeanne Brugère-Picoux, déclarant que parmi ces espèces, comme chez l’homme, il n’y « a jamais eu d’épidémie comme on peut l’observer dans les espèces aviaires. »

Santé Publique France écrit ainsi que « la transmission interhumaine est rare, généralement limitée à une transmission entre un cas primaire et un membre de son entourage ou un personnel soignant ». D’autre part, « aucun des virus influenza aviaires ou porcins à potentiel zoonotique qui circulent à l’heure actuelle n’est capable d’initier une transmission interhumaine soutenue. »

Et « selon les plus récentes données scientifiques, le risque de transmission de l’influenza aviaire d’un mammifère domestique à un humain est très faible », écrit le site du gouvernement canadien.

Mais Pierre Bessière appelle lui à rester « vigilant ».  »Récemment, on a retrouvé chez des renards des mutants qui permettent l’adaptation des virus aux mammifères. Même si le risque d’apparition de virus pandémique est faible, nous ne sommes pas à l’abri d’une mauvaise surprise », déclare-t-il au quotidien.

La France comptait au 23 janvier 286 cas de grippe aviaire en élevage de volailles, principalement dans l’ouest (région Pays de la Loire), selon le ministère de l’Agriculture. Entre le 1er août et le 21 décembre, 3,3 millions d’animaux ont été abattus en France à cause de cette épidémie, dont une moitié de canards.

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV

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