Un antiépileptique pointé du doigt lors de son utilisation pendant la grossesse
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Une étude publiée fin mai dans la revue JAMA Neurology confirme la dangerosité du topiramate pour les femmes épileptiques enceintes. Ce médicament était déjà connu pour augmenter les risques de malformations chez le nourrisson.

Dans une publication datée du 29 juin, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a mis en garde contre le topiramate, une molécule prescrite en France aux personnes atteintes d’épilepsie, mais également utilisée pour lutter contre les migraines. Selon les résultats d’une étude publiée fin mai, le médicament augmente par près de 3 le risque d’autisme chez l’enfant lorsqu’il est pris par la mère lors de la grossesse.

« Une étude publiée dans le JAMA Neurology a mis en évidence une augmentation avec l’utilisation du topiramate du risque de survenue de troubles du spectre autistique multiplié par 2,77 et de déficience intellectuelle multipliée par 3,47 par rapport à une grossesse d’une mère épileptique sans exposition aux antiépileptiques », écrit l’ANSM.

Une augmentation également des cas de déficience intellectuelle

Ce n’est pas la première fois que le topimarate est pointé du doigt. Il est déjà présenté comme tératogène, c’est-à-dire dangereux chez la femme enceinte. Il multiplie par trois les risques de malformations majeures, dont les fentes des lèvres et du palais, les atteintes aux organes génitaux et la diminution de la taille de la tête et du cerveau. Il augmente également les risques de petit poids à la naissance du nouveau-né exposé in utero.

La nouvelle étude publiée le 31 mai pointe désormais les risques neurodéveloppementaux que fait peser le médicament. Elle porte sur un registre de données collectées entre 1996 et 2017 dans cinq pays: la Suède, la Finlande, la Norvège, le Danemark et l’Islande.

Au total, 4.494.926 naissances ont été passées à la loupe. Au sein de ces dernières, les enfants nés de mère épileptique mais ne suivant pas un traitement contre l’épilepsie étaient 1,5% à être diagnostiqués avec un trouble du spectre autistique après leur naissance. Une part qui monte à 4,3% pour les enfants dont les mères prenaient du topiramate durant leur grossesse.

Se basant sur cette étude, l’ANSM évoque ainsi un risque de survenue de troubles du spectre autistique multiplié par 2,77 chez une femme enceinte prenant du topiramate. Mais autre phénomène tout aussi inquiétant relevé dans cette nouvelle étude, l’augmentation des cas de déficience intellectuelle chez l’enfant lors d’une prise de topiramate lors de la grossesse. Il est multiplié par 3,47.

Des recommandations pour les femmes et les médecins

Face à ce constat, et « dans l’attente de conclusions de cette évaluation », l’ANSM dresse une liste d’informations à destination des femmes atteintes d’épilepsie et des professionnels de santé.

Pour les femmes enceintes ou qui pensent l’être, il est indiqué de consulter immédiatement son médecin traitant, qui évaluera la nécessité de poursuivre le traitement. Ce dernier prendra en compte les risques auxquels est exposé l’enfant, mais également les risques que pourrait faire peser sur la femme enceinte une épilepsie incontrôlée pendant sa grossesse.

Pour les femmes enceintes ou qui pensent l’être et prenant du topiramate pour le traitement de la migraine, l’ANSM indique que le médecin « procédera à l’arrêt du traitement et pourra vous prescrire un autre médicament ».

De même, il est recommandé aux femmes en âge de procréer et atteinte d’épilepsie d’avoir recours à une « contraception hautement efficace ». Le topiramate peut rendre la pilule contraceptive moins efficace.

Il est néanmoins important de préciser qu’il est formellement déconseillé aux femmes enceintes prenant du topiramate d’arrêter brutalement leur traitement, sans en parler préalablement à leur médecin. Une telle démarche aurait pour risque d’augmenter les crises d’épilepsie, une situation dangereuse autant pour la femme enceinte que pour son enfant à naître.

32.000 femmes « sous » topiramate

Enfin, l’ANSM recommande aux médecins de ne pas prescrire de topimarate chez les patientes enceintes et atteintes de migraine, et pour celle atteintes d’épilepsie, de mesurer si le bénéfice de ce traitement pour la mère l’emporte clairement sur les risques qu’il fait peser pour le futur enfant. Selon les informations du Parisien, 32.000 femmes en âge de procréer traitent actuellement leur épilepsie ou leur migraine avec le topiramate en France.

L’ANSM a publié sur son site la liste des différents médicaments à risques. En France, le topiramate est notamment prescrit sous le nom d’Epitomax.

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