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Huit personnes, dont Charles Pieri, 72 ans, figure nationaliste suspectée d’avoir dirigé un temps le FLNC, ont été interpellées dans la matinée.

Les interpellations se poursuivent sur l’île de beauté. Au lendemain du report d’une visite du ministre de l’Intérieur en Corse, une nouvelle vague d’interpellations dans les milieux nationalistes de l’île a eu lieu lundi, dans le cadre de l’enquête sur une menace de retour à la lutte armée du FLNC.

Huit personnes, dont Charles Pieri, 72 ans, figure nationaliste suspectée d’avoir dirigé un temps le FLNC, ont été arrêtées tôt dans la matinée, selon des sources judiciaire et proches de l’enquête.

Sulidarita, association de défense des prisonniers dits « politiques », a indiqué à l’AFP que le fils et le petit-fils de Charles Pieri figuraient également au nombre des interpellés.

« L’appareil d’Etat français poursuit sa politique répressive à l’encontre de Corsica Libera. Ce (lundi) matin, de nombreuses interpellations visant des militants et responsables de notre parti sont en cours. Nous exigeons leur libération immédiate », a dénoncé sur Twitter le parti indépendantiste.

« Que l’Etat français ne s’y trompe pas, le retour d’une répression aveugle ne nous détournera jamais de notre combat », a ajouté le parti de Jean-Guy Talamoni, ex-président de l’Assemblée de Corse, en appelant à la mobilisation « dans les heures à venir ».

Interpellations la semaine passée

Ex-parti phare de la mouvance indépendantiste, Corsica Libera n’a plus qu’une seule élue depuis les élections territoriales de 2021, contre 13 auparavant.

Jeudi, trois hommes, dont Pierre Paoli, autre militant de Corsica Libera, lui aussi soupçonné d’avoir été à la tête du FLNC, avaient déjà été arrêtés en Corse, dans cette même enquête.

Deux d’entre eux, dont Pierre Paoli, ont été relâchés dimanche après trois jours de garde à vue. Le troisième devrait être présenté dans les prochains jours à un juge d’instruction du pôle antiterroriste du tribunal de Paris.

Climat « pas favorable »

Ces deux séries d’interpellations ont été effectuées dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le Parquet national antiterroriste (Pnat), notamment pour association de malfaiteurs terroriste, selon des sources judiciaire et proches de l’enquête. Cette procédure porte notamment sur une conférence de presse clandestine du FLNC.

Dans un communiqué, transmis le 2 septembre 2021 à Corse-Matin, ce mouvement avait menacé d’un retour à la lutte armée sur l’île si l’Etat français poursuivait « sa politique de mépris ». Sur une vidéo accompagnant ce texte, une cinquantaine d’hommes cagoulés, vêtus de noirs et lourdement armés, entouraient un activiste qui lisait le texte signé du FLNC-Union des combattants (FLNC-UC) et du FLNC du 22 octobre.

La Corse connaît depuis un an une multiplication d’incendies criminels visant principalement des résidences secondaires de Français résidant dans l’Hexagone, mais sans revendication officielle.

Dans ce contexte tendu, le ministère de l’Intérieur a indiqué dimanche que le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, reportait à janvier son déplacement prévu jeudi et vendredi en Corse, estimant, en accord avec les élus locaux, que le climat n’était « pas favorable »: « Il vaut mieux laisser un peu de temps pour que la tension diminue ».

Charles Pieri, figure controversée du nationalisme corse, ex-leader présumé du FLNC-UC, a été condamné à plusieurs reprises, notamment en 2001, avec une peine de cinq ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. En 2005, il avait été condamné à 10 ans pour notamment « extorsion de fonds » et « association de malfaiteurs », peine ramenée à huit ans en appel.

En 2018, il avait été condamné à 15.000 euros d’amende pour un message insultant la veuve du préfet Erignac, assassiné en 1998 à Ajaccio. Ce message avait été posté sur un compte Facebook qui lui était attribué.

Par ailleurs, selon une source judiciaire, deux restaurants ont été incendiés à Corte (centre de l’île) dans la nuit de dimanche à lundi, dont l’un cogéré par un fils du président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni. En outre, huit véhicules ont été incendiés dans une concession automobile appartenant à Jean-André Miniconi, qui avait conduit une liste soutenue par Gilles Simeoni aux municipales de 2020 à Ajaccio.

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