Nicolas Sarkozy rejugé pour "corruption" et "trafic d'influence"

Nicolas Sarkozy comparaît en appel à partir de ce lundi dans l’affaire dite Bismuth. En première instance, il avait été condamné à trois ans de prison dont un an ferme, notamment pour corruption.

Sarkozy vs la justice, round 2 dans l’affaire Bismuth. L’ancien président de la République comparaît en appel à partir de ce lundi pour « corruption active » et « trafic d’influence » sur personne dépositaire de l’autorité publique. En première instance, il avait été condamné à trois ans de prison, dont un an ferme. Une première sous la Ve République.

L’accusation reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir utilisé sa position, en 2013 et 2014, pour obtenir des informations au sujet d’une autre enquête judiciaire le concernant, l’affaire Bettencourt, auprès d’un magistrat, le premier avocat général à la Cour de cassation. En échange, l’ancien chef de l’Etat aurait assuré à Gilbert Azibert de son soutien pour l’obtention d’un poste au sein d’une juridiction dans la principauté de Monaco. L’entente aurait été passée par l’intermédiaire de Thierry Herzog, l’avocat et ami de Nicolas Sarkozy.

« Cette affaire a porté « gravement atteinte à la confiance publique », avait estimé la présidente du tribunal le 1er mars 2021, en laissant penser que les procédures devant la Cour de cassation ne procèdent pas toujours d’un débat contradictoire devant des magistrats indépendants mais peuvent faire l’objet d’arrangements occultes destinés à satisfaire des intérêts. »

« Il s’est servi de son statut »

L’affaire a été révélée en 2014 dans le cadre d’une autre enquête visant l’ancien président. A cette époque, le Parquet national financier enquête sur les soupçons de financement libyen dont aurait profité Nicolas Sarkozy pour sa campagne présidentielle de 2007 et le place notamment sur écoute.

Les juges se rendent compte que l’ex-chef de l’Etat utilise une autre ligne téléphonique pour échanger avec Thierry Herzog, ligne au nom de Paul Bismuth, le patronyme d’un ancien camarade de promotion de l’avocat.

Tout l’enjeu du procès en première instance, et qui va se dérouler à partir de ce lundi, est d’établir l’existence ou non d’un pacte de corruption. Pour l’accusation, il ne fait aucun doute, et ce alors même que Gilbert Azibert n’avait pas obtenu le poste à Monaco. Les faits commis sont d’une « particulière gravité ayant été commis par un ancien président de la République ».

« Il s’est servi de son statut et de ses relations politiques et diplomatiques pour gratifier un magistrat ayant servi ses intérêts personnels », avait fait valoir la présidente du tribunal correctionnel en mars 2021.

« Il n’y a jamais eu de pacte »

Nicolas Sarkozy avait écopé de trois ans de prison, dont un an ferme. Thierry Herzog, son « ami », comme il l’a martelé à maintes reprises lors de l’audience, a été condamné à la même peine, tout comme Gilbert Azibert. Une interdiction d’exercer la profession d’avocat pendant 5 ans a également été prononcée à l’encontre de Thierry Herzog. Le jugement précisait que les peines de prison ferme pouvaient être aménagées sous surveillance électronique.

Tout au long de son procès en première instance, Nicolas Sarkozy n’a cessé de répéter qu' »il n’y avait jamais eu de pacte », évoquant un « coup de pouce » à son « frère » Thierry Herzog. « Cent fois il m’a demandé des services, oui j’aurais pu envisager de rendre service, mais c’est rendre service à Thierry, pas à Gilbert, a martelé l’ex-chef de l’État. « On est dans un coup de pouce, on n’est pas dans un pacte, poursuit-il. Si c’était un pacte, encore faudrait-il que je sois au courant! »

Au lendemain de sa condamnation pour « corruption » et « trafic d’influence », Nicolas Sarkozy avait évoqué son « injustice profonde », parlant d’une démocratie « fragilisée ».

« Je sais que nous sommes dans un combat de long terme. J’ai fait appel de la décision, peut-être faudra-t-il que ce combat s’achève devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). Ce serait pour moi une souffrance que d’avoir à faire condamner mon propre pays, mais j’y suis prêt car ce serait le prix de la démocratie », avait-il déclaré au Figaro.

Le procès de Nicolas Sarkozy, rejugé aux côtés de Thierry Herzog et Gilbert Azibert, doit durer jusqu’au 16 décembre. L’ancien chef de l’Etat encourt jusqu’à 10 ans de prison.

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