le directeur de l'OFII explique "les difficultés" pour appliquer les OQTF

La question de l’application des Obligations de quitter le territoire français (OQTF) a soulevé la polémique après le meurtre de Lola et le viol d’une femme à l’hôpital parisien Cochin.

La France est-elle incapable de mettre en application les obligations de quitter le territoire français (OQTF) que les administrations délivrent? « L’obligation est aujourd’hui effectivement théorique au sens où nous avons encore beaucoup de difficultés juridiques avant la mise en place du retour effectif », estime ce vendredi sur BFMTV et RMC Didier Leschi, le directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration.

L’actualité récente a relancé le débat sur cette application des OQTF. Dahbia B., la meurtrière de la collégienne Lola, était sous le coup d’une OQTF. Le suspect dans le viol d’une patiente à l’hôpital parisien Cochin s’était vu, lui aussi, délivrer trois obligations de quitter le territoire, donnant à chaque fois un faux nom et une nouvelle adresse.

« Simplifier le droit »

Pour Didier Leschi, cette difficile application réside en deux problèmes: « la possibilité de multiplier les recours qui sont très souvent des manières dilatoires pour ne pas être amené à être reconduit », imposant à la France de « simplifier le droit », et « les laissez-passer consulaires » des pays d’origine des migrants. Très souvent, ces pays ne délivrent pas ces autorisations obligatoires pour organiser le retour des migrants.

« Ces failles sont devenues beaucoup plus importantes et visibles parce qu’on a une très forte augmentation de demandeurs d’asile. Nous n’avons jamais eu autant de demandes d’asile cette année, on va sans doute terminer l’année avec près de 120.000 demandeurs d’asile et en même temps nous avons une immigration régulière qu’il ne faut pas associer à ces démarches », explique le directeur de l’OFII.

Alors que la demande d’asile donne une situation régulière aux migrants le temps que leur dossier soit instruit, Didier Leschi rappelle que la grande majorité de l’immigration irrégulière est réalisée par des nationalités qui ne peuvent prétendre au statut de demandeurs d’asile. « Il faut donc accélérer le traitement des demandes de droit d’asile », intime le directeur de l’OFII.

« On est tous pris dans une contradiction, on est face à des personnes qui fuient très souvent des conditions économiques très difficiles », poursuit-il.

Et d’ajouter : « Et en même temps ces personnes, on est dans une situation où on doit les réguler parce qu’on ne peut pas être dans une situation où tous ceux qui auraient des difficultés dans leur pays en raison de difficultés économiques auraient le droit naturel de s’installer là où ils estiment devoir s’installer », poursuit-il.

« Contradiction »

L’accueil de l’Ocean Viking et la remise en liberté de 123 migrants – sur les 190 majeurs accueillis – faute d’avoir pu examiner leur demande de droit d’asile dans les temps, a également permis de révéler les failles du système. « Le cadre juridique n’est pas adapté à ce type de situation, situation qu’on peut connaître dans les aéroports, mais qu’on ne connaît pas dans les ports en métropole », estime Didier Leschi.

Le patron de l’OFII déplore que ces polémiques et ces difficultés à la mise en place des OQTF soient préjudiciables aux 270.000 familles, étudiants et travailleurs qui entrent légalement sur le territoire français chaque année.

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