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« On aimerait bien qu’il mange, mais s’il ne réagit pas positivement ça va devenir compliqué », explique ce vendredi la présidente de l’ONG Sea Shepherd, Lamya Essemlali.

Le béluga, repéré mardi dans la Seine, est entré dans une écluse vendredi soir, à 70 km de Paris, une situation qui représente un « risque de stress supplémentaire » pour ce cétacé, qui refuse de se nourrir.

L’écluse dans laquelle est rentré le béluga, une espèce protégée de cétacé vivant habituellement dans les eaux froides, est désormais fermée et interdite à la navigation jusqu’à nouvel ordre, selon la préfecture de l’Eure.

La présidente de l’ONG Sea Shepherd, Lamya Essemlali, a déploré que « les tentatives de nourrissage dans le fleuve n’ont pour l’instant pas intéressé le béluga » mais qu’il reste un espoir que « ce soit différent dans l’écluse ».

« On aimerait bien qu’il mange, mais s’il ne réagit pas positivement ça va devenir compliqué », a-t-elle poursuivi au sujet de l’animal, désormais isolé dans l’écluse de Notre-Dame de la Garenne près de Vernon, à 70 km au nord-ouest de la capitale.

« Il faut agir vite »

Elle s’est montrée pessimiste sur les suites possibles si l’animal ne se nourrit pas: « les vétérinaires spécialisés dans les bélugas nous disent qu’il faut agir vite, son état de maigreur étant très avancé, et le sortir de l’eau pour lui prodiguer des soins s’annonce très difficile ».

Gérard Mauger, vice-président du Groupe d’Etude des Cétacés du Cotentin (GEEC) a continué d’observer le béluga vendredi. « Il a le même comportement qu’hier, très fuyant. Il fait de très courtes apparitions en surface, suivies de longues apnées. »

En s’approchant à une cinquantaine de mètres, « on a fait des enregistrements acoustiques, avec nos moteurs coupés, mais il n’a pas fait d’émissions sonores », a-t-il regretté.

Selon l’observatoire Pelagis, spécialiste des mammifères marins, il s’agit du second béluga connu en France après qu’un pêcheur de l’estuaire de la Loire en avait remonté un dans ses filets en 1948. En 1966, un autre individu avait remonté le Rhin jusqu’en Allemagne et en 2018, un béluga avait été observé dans l’estuaire de la Tamise en Angleterre, rappelle Pelagis.

« Ces cas d’errance restent inhabituels et inexpliqués, avec probablement des raisons multiples comme l’état de santé, l’âge (les subadultes se dispersant plus facilement), l’isolement social, les conditions environnementales, etc », poursuit l’observatoire.

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