Israël dit se préparer à "une semaine" de raids sur Gaza
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L’armée annonce se prépare à « une semaine » de raids sur la bande de Gaza après des échanges de tirs avec le Jihad islamique.

L’armée israélienne a annoncé ce samedi se préparer à « une semaine » de raids sur la bande de Gaza, où les échanges de tirs avec le Jihad islamique ont déjà fait plus d’une dizaine de morts côté palestinien.

Pour la première fois depuis cette nouvelle flambée de violences ayant débuté vendredi, des sirènes d’alerte ont retenti dans la métropole israélienne de Tel-Aviv en fin d’après-midi. Jusqu’à présent, elles avaient retenti dans des localités proches de Gaza, d’où le Jihad islamique tire des roquettes en riposte aux frappes de l’armée israélienne.

La branche armée du groupe palestinien, les brigades Al-Qods, ont confirmé dans un court communiqué avoir tiré « un important barrage de roquettes » vers les villes israéliennes de Tel-Aviv, Ashkelon, Ashdod et Sderot.

L’armée israélienne se prépare à « une opération d’une semaine »

« La bataille n’en est qu’à ses débuts », a affirmé dans un communiqué Mohammed Al-Hindi, un responsable de l’organisation. Et ce après que des sources égyptiennes ont pourtant indiqué que Le Caire, intermédiaire historique entre Israël et les groupes armés de Gaza, s’efforçait d’établir une médiation.

Un porte-parole militaire israélien a lui assuré que l’armée se préparait « à une opération d’une semaine » et « ne menait pas actuellement de négociations en vue d’un cessez-le-feu ». Les autorités de Gaza ont fait état de 15 morts, dont une fillette de cinq ans, et de 125 blessés dans les bombardements israéliens.

Côté israélien, deux personnes ont été blessées par des éclats d’obus, selon les services de secours. La plupart des roquettes ont été interceptées par le bouclier antimissile, a indiqué l’armée, alors qu’un bâtiment a été endommagé à Sderot et un incendie s’est déclaré dans ce même secteur du sud, selon les autorités locales.

Des coupures de courant

Depuis 24h, Israël assure viser des sites appartenant au Jihad islamique, dont 15 combattants ont été tués selon l’armée israélienne. Parmi eux, un commandant en chef du groupe, Tayssir Al-Jabari.

Cette nouvelle escalade, la pire entre les deux ennemis depuis une guerre éclair l’an dernier, a déjà privé la petite langue de terre coincée entre l’Egypte, la Méditerranée et Israël et ses 2,3 millions d’habitants de leur unique centrale électrique.

Elle « a cessé (de fonctionner) en raison d’une pénurie » de carburant, a indiqué ce samedi la compagnie d’électricité après que l’Etat hébreu, qui impose un blocus sur Gaza depuis 2007, a bouclé les passages frontaliers ces derniers jours, interrompant de fait les livraisons de diesel.

En raison des coupures de courant, les heures à venir seront « cruciales et difficiles », a prévenu le ministère de la Santé à Gaza.

Une « attaque préventive » à Gaza

La coordinatrice des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) dans les Territoires palestiniens, Lynn Hastings, a appelé à permettre l’entrée dans l’enclave de « carburant, nourriture et fournitures médicales ».

Dans la ville de Gaza, les habitants se sont terrés chez eux toute la journée, a constaté une journaliste de l’AFP.

C’est l’arrestation d’un chef du Jihad islamique en Cisjordanie en début de semaine qui a mené à cette nouvelle confrontation. Craignant des représailles, les autorités israéliennes ont affirmé lancer une « attaque préventive » à Gaza, micro-territoire gouverné par le mouvement islamiste Hamas et où le Jihad islamique est bien implanté.

Les forces israéliennes ont également arrêté en Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967 par l’Etat hébreu, 19 membres du groupe considéré comme terroriste par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne.

Une « opération de contreterrorisme »

Il s’agit de la pire confrontation entre l’Etat hébreu et des organisations armées de Gaza depuis la guerre de mai 2021 qui avait fait en onze jours 260 morts côté palestinien, parmi lesquels des combattants, et 14 morts en Israël, dont un soldat, d’après les autorités locales.

Après les premiers raids, l’organisation a accusé l’Etat hébreu d’avoir « déclenché une guerre ».

Pour le Premier ministre israélien Yaïr Lapid, c’est une « opération de contreterrorisme précise contre une menace immédiate », celle du Jihad islamique, « un supplétif de l’Iran » voulant « tuer des Israéliens innocents ».

Le Hamas tenu à distance

Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique iranienne, ont menacé Israël de « payer un lourd tribut », assurant que les Palestiniens n’étaient « pas seuls ».

En 2019, la mort d’un commandant du Jihad islamique dans une opération israélienne avait déjà donné lieu à plusieurs jours d’échanges de tirs meurtriers. Le Hamas, qui a combattu Israël lors de quatre guerres depuis sa prise du pouvoir en 2007, s’était lui tenu à distance.

Pour Jamal al-Fadi, professeur de sciences politiques à l’université Al-Azhar de Gaza, le Hamas ne veut pas « être entraîné dans une guerre totale » et « comme il ne s’implique pas », cette nouvelle flambée de violence devrait prendre fin « dans les jours à venir ».

« Mais si davantage de civils sont tués, il se sentira obligé de riposter », souligne Mairav Zonszein, expert de l’International Crisis Group (ICG).

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