Greenpeace dénonce la poursuite "scandaleuse" du commerce entre la France et la Russie

L’ONG réclame « la résiliation de tous les contrats en cours » entre l’industrie nucléaire française et le géant russe Rosatom, ainsi que ses filiales.

Greenpeace a appelé mardi le gouvernement français à stopper « les contrats sur le commerce d’uranium » entre la France et la Russie alors que les livraisons se poursuivent malgré la guerre, en l’absence de sanctions internationales sur le nucléaire civil russe.

Dans un communiqué, « Greenpeace demande l’arrêt définitif de tout commerce nucléaire avec la Russie ».

L’ONG réclame aussi « la résiliation de tous les contrats en cours entre l’industrie nucléaire française et Rosatom (le géant russe, ndlr) ainsi que ses filiales, en commençant par les contrats concernant le commerce d’uranium entre Tenex, filiale de Rosatom, et respectivement EDF et Orano ».

« La poursuite du commerce nucléaire avec la Russie, alors que la guerre en Ukraine fait rage, est scandaleuse », dénonce Pauline Boyer, chargée des campagnes nucléaire et transition énergétique à Greenpeace France.

Une livraison récente

Mardi matin, « des dizaines de fûts d’uranium enrichi et dix containers d’uranium naturel en provenance de Russie » ont été acheminés par cargo dans le port de Dunkerque, pour être chargés « à bord d’un train et de plusieurs camions dont les destinations pourraient être Pierrelatte en France et/ou Lingen, en Allemagne », estimait l’ONG.

Le constructeur de centrales nucléaires et fournisseur de combustible Framatome, filiale d’EDF, a simplement précisé mardi soir qu’il s’agissait d’une « livraison de matière pour la fabrication de combustibles nucléaires » à destination de son usine de Romans-sur-Isère (Drôme). Ce combustible est destiné ensuite à ses « clients et notamment le parc nucléaire français », a-t-il précisé.

Le groupe nucléaire Orano (ex-Areva) avait précédemment indiqué que « ces transports ne concernaient ni ses matières, ni ses installations ».

Il a en revanche confirmé avoir livré à la Russie « cinq ou six » transports d’uranium de retraitement (URT) dont il était propriétaire jusqu’en octobre, vers l’usine Seversk du conglomérat public nucléaire russe Rosatom, dans le cadre d’un contrat signé en 2020 portant sur un volume total de 1150 tonnes.

« Quand la guerre a éclaté, il n’y a pas eu de sanctions, mais on a pris la décision de solder ce contrat, et le dernier transport a eu lieu en octobre », a expliqué un porte-parole d’Orano, confirmant des informations du Monde.

« Pas d’atelier de conversion » français

Issu du traitement des combustibles, l’URT ou uranium de recyclage peut être réutilisé pour produire du combustible nouveau après avoir été converti puis ré-enrichi.

Cet URT a été exporté en Russie parce qu’Orano « ne dispose pas d’atelier de conversion », a souligné le porte-parole.

EDF a signé en 2018 un contrat de 600 millions d’euros avec une filiale de Rosatom, Tenex, pour « le recyclage de l’uranium retraité d’EDF ».

« La décision de poursuivre certaines relations est notamment prise dans le respect des sanctions internationales », a commenté EDF dans un courriel, sans faire référence à un contrat en particulier.

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