Élisabeth Borne veut éviter le passage en force sur la réforme des retraites
0 0
Read Time:2 Minute, 39 Second

La Première ministre déjeune avec le président ce vendredi midi. Cet échange devrait être décisif pour trancher la méthode choisie par l’exécutif pour la réforme des retraites. L’hypothèse d’un amendement dans le budget de la sécurité sociale s’éloigne.

Va-t-on y voir plus clair? Emmanuel Macron et Élisabeth Borne se retrouvent pour déjeuner à l’Élysée ce vendredi midi et devraient se mettre d’accord sur la méthode choisie par l’exécutif pour avancer sur la réforme des retraites.

La Première ministre a consulté ce mercredi et ce jeudi les groupes parlementaires qui sont quasiment tous opposés à un examen rapide de l’allongement de l’âge de départ à la retraite qui passerait par un amendement dans le budget de la sécurité sociale à l’automne.

La majorité rétive à aller vite

Plusieurs poids lourds de la majorité ont également fait part de leurs réticences. Yaël Braun-Pivet, la présidente du groupe à l’Assemblée nationale, a appelé  » à prendre le temps du travail approfondi pour une réforme globale », sur France info jeudi dernier.

« Je suis opposé au passage en force », a également fait savoir le patron du Modem, François Bayrou, dans les colonnes du Parisien le week-end dernier.

Jean-Paul Mattéi, le président de son groupe à l’Assemblée nationale, a indiqué que les députés centristes voteraient « certainement » contre une réforme des retraites contenue dans le projet de loi de finances de la sécurité sociale.

Prendre le temps pour convaincre

De quoi convaincre la locataire de Matignon d’adopter une autre méthode pour passer par un projet de loi à part entière sur la réforme des retraites début 2023.

« Elle n’est pas emballée par une réforme rapide », assure un proche du président auprès de BFMTV.

Élisabeth Borne souhaite appliquer à la réforme des retraites la nouvelle méthode prônée par l’exécutif, en s’appuyant sur le dialogue avec les syndicats et l’écoute des groupes à l’Assemblée nationale.

« Elle est le fusible et elle le sait »

Le destin personnel de la Première ministre, confrontée à l’absence de majorité absolue dans l’hémicycle, pèse aussi dans l’équation.

« Si une motion de censure est votée, le gouvernement saute et Borne aussi. Elle est le fusible et elle le sait », analyse encore l’entourage d’Emmanuel Macron.

Mais Alexis Kohler, le très influent secrétaire général de l’Élysée, plaide, lui, pour une réforme rapide à l’automne qui aurait l’avantage de donner l’image d’un président volontariste sur les réformes.

Une réforme en application « dès l’été 2023 »

Alors que le recours au 49.3 est très limité en dehors des projets de loi de finances, un passage à l’automne éviterait également de se priver de cet outil à un autre moment.

Repousser la réforme comporte cependant de vrais avantages, à commencer par un dialogue facilité avec le MEDEF et la CFDT, qui ne sont pas fermés à la discussion sur le fond du texte. Un projet de loi à part entière pourrait également convaincre plus largement les LR, tout en démontrant par la preuve la volonté d’écoute des oppositions.

Une chose est cependant certaine: la réforme doit s’appliquer « dès l’été 2023 », comme l’a répété à plusieurs reprises Emmanuel Macron.

Anne Saurat-Dubois, Agathe Lambret, Thomas Soulié et Marie-Pierre Bourgeois

Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire