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En élevage, les pratiques devront évoluer pour espérer diminuer davantage la consommation d’antibiotiques « dans les dix ans qui viennent », estime Gilles Salvat, directeur général délégué au pôle recherche de l’Anses.

L’administration d’antibiotiques aux animaux d’élevage baisse de manière quasi continue en France depuis dix ans, rapporte jeudi l’agence sanitaire Anses, qui compte surveiller l’exposition accrue des chats, chiens et chevaux à ces molécules.

Depuis 2011, point de départ du premier plan « Ecoantibio », l’exposition aux antibiotiques a diminué de 67,9% pour les volailles, 58,5% pour les porcs, 44,7% pour les lapins et 23% pour les bovins, indique l’Anses dans un dossier de presse.

Plus récemment entre 2020 et 2021, cette exposition a reculé de 0,9% pour les bovins, 7,2% pour les porcs, 8,6% pour les volailles et 12,7% pour les lapins.

Des bactéries de plus en plus résistantes aux traitements

En élevage porcin, par exemple, le leader français Cooperl affirme avoir limité le recours aux antibiotiques en supprimant la castration, synonyme de plaie susceptible de s’infecter. Il sélectionne aussi des « animaux robustes » qui évoluent dans des bâtiments « le plus propre possible ». En cas de pépin, des « traitements alternatifs » (antioxydants, fluidifiants, antalgiques) sont administrés en priorité.

Les autorités incitent à réduire l’usage d’antibiotiques chez l’homme comme chez l’animal pour éviter le développement de bactéries résistantes aux traitements (antibiorésistance).

Chez les lapins (espèce la plus exposée aux antibiotiques), la baisse de 12,7% sur un an succède à plusieurs années de hausse. Pour traiter ces animaux notamment sujets à des pathologies digestives, des antibiotiques étaient régulièrement administrés de manière préventive, une pratique interdite depuis début 2022 au niveau européen.

« Des plans de maîtrise de la consommation d’antibiotiques ont été mis en place par les éleveurs. Vu la baisse qu’on a observée (en 2021), on peut penser que cette pratique est plutôt en voie de disparition » dans la filière cunicole, a déclaré Gilles Salvat, directeur général délégué au pôle recherche de l’Anses.

Une « meilleure médicalisation »

À rebours des animaux d’élevage, l’exposition aux antibiotiques des chats, chiens et chevaux s’est accrue. « Après une baisse de 19,5% entre 2011 et 2016, le niveau d’exposition des chats et des chiens a augmenté sur les dernières années », pour revenir à un niveau proche de 2011, note l’Anses.

Une « meilleure médicalisation » peut expliquer cette hausse, avance le directeur de l’Agence nationale du médicament vétérinaire, Franck Fourès.

Autrement dit, les propriétaires d’animaux de compagnie les amènent plus volontiers chez le vétérinaire. C’est « plutôt une bonne chose d’avoir des animaux correctement traités », note-t-il.

Quant aux équidés, leur exposition aux antibiotiques a augmenté de 17,7% en un an, potentiellement du fait du « vieillissement de la population des chevaux », relève Franck Fourès.

Un motif de vigilance pour l’Anses. « Ce ne sont pas des animaux qu’on consomme » ( ou à la marge pour les chevaux) « mais auxquels on est exposés quotidiennement. (…) C’est quelque chose qu’il ne faut pas négliger », dit Gilles Salvat.

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