Avec la hausse du prix de l'énergie, les abandons de reptiles se multiplient

Ces animaux ont besoin d’un environnement spécifique, avec des températures élevées. Un coût énergétique qui va fatalement augmenter avec la crise actuelle.

L’augmentation du prix de l’énergie à l’origine de l’abandon de reptiles? Avec la hausse des coûts de l’électricité et du gaz, se chauffer coûte plus cher. Or, les terrariums où vivent les reptiles doivent être chauffés et éclairés avec des lampes spéciales pour reproduire les conditions tropicales. Ce qui entraîne une dépense énergétique plus forte.

« Dans les terrariums on va trouver, en fonction des espèces, des températures qui vont aller de 27, 28°C jusqu’à 35, 40°C pour certaines espèces », explique à BFMTV Véronica Villard, présidente de l’association Reptilian Protect.

Dans le contexte de crise actuel, certains choisissent donc se séparer de leurs animaux.

« Refuser des animaux par groupes de 10, de 14 »

Véronica Villard explique ainsi recevoir plus d’une vingtaine d’appels par semaine de personnes voulant donner leur reptile. « On se retrouve aujourd’hui des fois à refuser des animaux par groupes de 10, de 14 », explique-t-elle.

« Parce que c’est aussi le souci des reptiles, quand les gens en adoptent ils n’en prennent pas qu’un, souvent c’est une passion dévorante qui les conduit à en avoir 5, 10, 15, 20, 30. »

D’autres association de recueil d’animaux ont fait la même observation. « On remarque bien une augmentation du recueil des ‘animaux énergivores’. C’est-à-dire beaucoup de tortues et de serpents qui sont relâchés dans les jardins », explique à France 3 Joëlle Gerin, vétérinaire, membre de l’association CARAPAssion, qui regroupe éleveurs et passionnés de tortues.

« En moyenne, avant le Covid, on recueillait 200 tortues en une année, aujourd’hui c’est le double », déclare-t-elle.

Même l’association Reptilian Protect, qui accueille aujourd’hui une cinquantaine de reptiles, se pose la question de la suite avec l’augmentation des prix de l’énergie, « on est à 6000 euros minimum dans l’année en électricité », déclare ainsi Joshua Bossert, vice-président de l’association.

« Besoin d’espace, d’attention ainsi que de soins »

Ces reptiles sont classés dans la catégorie des « NAC » (nouveaux animaux de compagnie), qui comprend aussi bien des reptiles, comme les serpents, que les araignées ou les petits mammifères, comme les souris et hamsters. Et ce n’est pas la première fois que des alertes sont lancées concernant l’abandon de ces animaux.

Le sujet avait ainsi été abordé au Sénat en février dernier, alors que la SPA expliquait « que de nombreux propriétaires se sentent dépassés et regrettent leur achat. » Ils « sont confrontés pour la plupart à de petits animaux, ils imaginent, à tort, que les contraintes associées le sont tout autant. Or, comme les autres êtres vivants, ces derniers ont besoin d’espace, d’attention ainsi que de soins qui sont propres à chaque espèce. »

« L’abandon des NAC dans les refuges et plus précisément des lapins, est toujours significatif avec une progression de 34 % depuis 2019 », écrit la SPA dans son dernier rapport, « ces animaux ‘coups de cœur ’ sont l’incarnation même du combat contre l’animal-objet. »

Avant d’adopter un animal, qu’il s’agisse d’un reptile ou d’une autre espèce, il est important de se renseigner sur ses besoins de vie et les coûts que cela représente, afin d’être sûr de pouvoir s’en occuper correctement.

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV

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